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Marcel, Eugène, Pilorget naît le 5 avril 1920 à Chasseneuil-du-Poitou (Vienne – 86).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 30, rue de Pleumartin à Châtellerault (86). Il est célibataire.

Marcel Pilorget est tourneur sur métaux aux Usines de Cenon, près de Châtellerault.

Il est secrétaire départemental des Jeunesses communistes (JC).

En octobre 1940, il constitue, avec Paul Bailly et Jacques Moron, le triangle de direction de la J.C. clandestine, et participe à de nombreuses actions : dépôt d’armes dans un caveau du cimetière Saint-Jacques, inscriptions sur le pont Henri IV pour célébrer le 1er mai 1941.

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Châtellerault. Le pont Henry IV. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 23 juin 1941, Marcel Pilorget est arrêté à son travail par des soldats allemands et des policiers français [1]]] (33 communistes sont arrêtés ce jour-là dans la Vienne, selon Maurice Rideau). Il est conduit au camp de la Chauvinerie, à Poitiers.

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Poitiers. La caserne de la Chauvinerie, sur le coteau de la Roche. 
Carte postale éditée dans les années 1900. Coll. Mémoire Vive.

Le 12 juillet, Marcel Pilorget fait partie d’un groupe de détenus embarqués à la gare de Poitiers pour être transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht(Frontstalag 122 – Polizeihaftlager) ; matricule 1194.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Marcel Pilorget est enregistré à Auschwitz sous le numéro 45990 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Marcel Pilorget meurt à Auschwitz le 11 août 1942, d’après les registres du camp [2] ; parmi les premiers “45000”, un mois après l’arrivée de leur convoi.

Son nom est inscrit sur la plaque apposée dans le hall de la mairie de Châtellerault en « Hommage aux victimes de la guerre 1939-1945 de la commune ».

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (14-12-1997).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, 73, 127 et 128, 379 et 417. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” des Deux-Sèvres et de la Vienne (2001), citant : Témoignages de Maurice Rideau (2/10/1971) de Raymond Montégut (27/11/1972), et d’Émile Lecointre (23/2/1989). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1568 (Stb. 2, 297-299). 
- Site Mémorial GenWeb, 86-Châtellerault, relevé de Monique Ingé (2006).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 6-06-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] [[L’ “Aktion Theoderich : L’attaque de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, se fait au nom de la lutte contre le “judéo-bolchevisme”. Dès mai 1941, une directive du Haut-commandement de la Wehrmacht pour la “conduite des troupes” sur le front de l’Est définit le bolchevisme comme « l’ennemi mortel de la nation national-socialiste allemande. C’est contre cette idéologie destructrice et contre ses adeptes que l’Allemagne engage la guerre. Ce combat exige des mesures énergiques et impitoyables contre les agitateurs bolcheviks, les francs-tireurs, les saboteurs et les Juifs, et l’élimination allemande de toute résistance active ou passive. » Hitler est résolu à écraser par la terreur – à l’Ouest comme à l’Est – toute opposition qui viendrait entraver son effort de guerre. Le jour même de l’attaque contre l’Union soviétique, des mesures préventives sont prises dans les pays occupés contre les militants communistes – perquisitions à leur domicile et arrestations – et des ordres sont donnés pour punir avec la plus extrême sévérité toute manifestation d’hostilité à la puissance occupante.

En France, dans la zone occupée, au cours d’une opération désignée sous le nom de code d’Aktion Theoderich, plus de mille communistes sont arrêtés par les forces allemandes et la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), créé à cette occasion pour la détention des “ennemis actifs du Reich” sous l’administration de la Wehrmacht.

Au total, 1300 hommes y seront internés à la suite de cette action. Fin août, 200 d’entre eux font déjà partie de ceux qui partiront dans le convoi du 6 juillet 1942.

[2] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil en France : Dans lesannées qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

Concernant Marcel Pilorget, c’est le 5 janvier 1943 qui a été initialement retenu pour certifier son décès.

Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.