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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Marcel, Pierre, Fées naît le 28 juin 1902 à Pau (Pyrénées-Atlantiques [1]).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 23, rue Lambert à Paris 18e, donnant sur la rue Custine. Il est marié, sans enfant.

Marcel Fées travaille comme cuisinier. Il est membre du Parti communiste.

Le 18 octobre 1941, Marcel Fées est arrêté à Paris par la police allemande. Il est écroué à la Maisond’arrêt de la Santé à Paris 14e.

Au début du mois de mai 1942, il est interné administratif au dépôt de la préfecture de police de Paris (sous-sol de la Conciergerie, île de la Cité).

Le 5 mai 1942, il fait partie d’un groupe de treize « communistes » conduits à la gare du Nord pour y être remis aux “autorités d’occupation” à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Uneautre source (?) indique le 25 mars…

Entre fin avril et fin juin 1942, Marcel Fées est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Marcel Fées est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45215 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée) ; dans la liste du convoi (? ?) son nom est orthographié « BEES », ce qui explique son matricule.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

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Portail du sous-camp de Birkenau, secteur B-Ia, semblable 
à celui du secteur B-Ib par lequel sont passés tous les “45000”.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés aux travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après les cinq premiers jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – Marcel Fées est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale” (contexte plus meurtrier).

Marcel Fées meurt à Birkenau le 10 juillet 1942, criblé de balles par un SS, alors qu’il se dirigeait vers les barbelés selon le témoignage d’Henri Peiffer. René Aondetto ajoute : « Un camarade de notre convoi s’est dirigé vers les barbelés entourant le camp de Birkenau. Il franchit la première rangée, traversa le chemin de ronde, se faufila encore à travers la deuxième rangée. Il n’y avait pas de courant à ce moment-là dans les clôtures de barbelés. Hors de l’enceinte du camp, il partit droit devant lui et, malgré nos appels, il ne se retourna pas. Les SS des miradors le laissèrent parcourir trente à quarante mètres avant de l’abattre. Quelques temps après, nous vîmes un gradé SS aller lui tirer une balle dans la nuque. Je ne connaissais pas le nom de ce camarade. Mais, pour moi, ce fut le premier mort certain du groupe. » L’acte de décès de l’administration SS indique comme cause de sa mort « crise cardiaque » (Plötzlicher Herztod), mention mensongère utilisée pour la plupart des détenus assassinés dans ces conditions.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur l’acte de décès de Marcel Fées (J.O. du 8-02-1990).

Sources :

- Son nom et son matricule figurent sur la Liste officielle n°3 des décédés des camps de concentration d’après les archives de Pologne, éditée le 26 septembre 1946 par le ministère des anciens combattants et victimes de guerre, page 60. 
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 114 et 115, 155, 373 et 403. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Témoignage d’Henri Peiffer, rescapé du convoi – Archives du secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 278 (14687/1942). 
- Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne, Bureau d’information sur les anciens prisonniers (Biuro Informacji o Byłych Więźniach) ; relevé dans les archives (01-2009).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 31-01-2009)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Pyrénées-Atlantiques : département dénommé “Basses-Pyrénées” jusqu’en octobre 1969.