JPEG - 73.3 ko
IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Marcel, Eugène, Pierre, Marie, Couillon naît le 14 mai 1905 à Orléans (Loiret – 45), fils d’Albert Couillon, 32 ans typographe, et de Jeanne Magloire, son épouse, 28 ans, domiciliés au 86, rue de la Charpenterie.

Mobilisé au 40e régiment d’infanterie territoriale durant la guerre de 1914-1918, son père meurt le 5 décembre 1917 d’une tuberculose pulmonaire aggravée en service ; il est déclaré Mort pour la France.

Le 24 septembre 1920, Marcel Couillon est adopté par la Nation.

Le 6 août 1927 à Orléans, il épouse Marie Lerouge, sœur de Marcel Lerouge [1].

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Orléans ; probablement au 181, rue du Faubourg-Saint-Vincent (à vérifier…).

Sa profession reste à préciser.

À des dates et pour un motif restant à préciser, Marcel Coullion est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

JPEG - 128.9 ko

Le 8 juillet 1942, Marcel Couillon est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45381 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Marcel Couillon meurt à Auschwitz le 1er septembre 1942, d’après les registres du camp [2].

À Orléans, sur l’immeuble du 181, rue du Faubourg-Saint-Vincent, une plaque- a été apposée portant deux noms, dont celui de « Marcel Coullon » (sans « i »), « Mort à Auschwitz »).

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 29-01-1988).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 365 et 400. 
- Archives municipales de la ville d’Orléans, archives en ligne, registre des naissances de la première partie de l’année 1905, cote 2 E 362, acte n°420 du 15 mai, vue 142/235. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 186 (26486/1942). 
- Site Les plaques commémoratives, sources de mémoire (aujourd’hui désactivé – nov. 2013), photographie de Véronique Bury.
- Message de Denis Martin, ARMREL (12-2014).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 28-12-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Marcel Lerouge (du groupe Chanzy ?) est fusillé le 8 octobre 1943 au stand de tir des Groues à Saint-Jean-de-la-Ruelle (45). Auparavant, il reçoit en prison une visite de son frère accompagné de sa nièce, la fille de Marcel Couillon. Avec Marcel Lerouge sont fusillés Marcel Lerouge, Henri Martin, Fernand Rivière et Guy Vergracht, tous d’Orléans.

[2] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil en France : Dans lesannées qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

Concernant Marcel Couillon, c’est d’abord le 15 octobre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès.

Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.

Le date a été rectifiée sur l’acte de naissance le 20 mai 1994.