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IDENTIFICATION INCERTAINE
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Marceau, Louis, Rebourg, naît le 3 juin 1920 à Foug, 10 km à l’ouest de Toul (Meurthe-et-Moselle – 54), fils de Julien, Marceau, Rebourg et de Louise Guillemin. Il a (au moins) un frère, André.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 5, rue Lenglet à Foug.

Il est mouleur en fonte.

Il n’appartient à aucune organisation, mais son père, Julien Rebourg, était, avant guerre, secrétaire de l’usine métallurgique PAM (fonderie) de Foug, exerçant des responsabilités au sein de la Fédération des Métaux CGT. Le 15 novembre 1938, au congrès national de la CGT réuni à Nantes, il est un des six délégués de Meurthe-et-Moselle, représentant la fédération des Métaux, avec Charles Jacquet et Joseph Schneider.

Militant communiste, Julien Rebourg est déchu de son mandat de conseiller municipal pour ne par avoir renié son engagement après octobre 1939.

Le 16 juin 1940, il est arrêté avec ses deux fils pour propagande communiste.

Julien Rebourg sera condamné à deux ans de prison en août 1941 (?) pour propagande communiste et écroué à la Maison centrale de Clairvaux.

Ses deux fils, André et Marceau, sont internés au camp de Fanlac, installé dans le château du Sablou [1], canton de Montignac-sur-Vézère (Dordogne – 24), « centre de séjour surveillé pour indésirables français ». Fin décembre 1940, ils sont parmi les 228 “Sablousards” transférés au camp de Saint-Paul-d’Eyjeaux, près de Limoges (Haute-Vienne – 87).

Le 25 février 1941, le Tribunal correctionnel de Nancy (54) condamne Marceau Rebourg à un mois de prison (peut-être avec son frère).

Le 10 novembre 1941, Marceau Rebourg s’évade du camp de Saint-Paul-d’Eyjeaux et rentre chez lui.

Le 12 février, il est arrêté par les gendarmes de Foug. Le 12 mars, la Cour d’appel de Nancy de Nancy le condamne à un an de prison. Marceau Rebourg est écroué à la prison de Saint-Mihiel (54), où il ferait de la « propagande communiste ».

Le 7 mai 1942, il est interrogé par les autorités allemandes, alors qui serait libérable le 13 mai.

Le 10 juin, il est transféré de la prison de Saint-Mihiel au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Parmi les futurs “45000”, Marceau Rebourg est un des derniers a être conduit dans ce camp.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Marceau Rebourg est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46040 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

On ignore la date de sa mort à Auschwitz [2] ; probablement avant la mi-mars 1943. Il a 22 ans.

Son nom est inscrit – parmi les déportés – sur le Monument aux morts de Foug, situé près de la Poste.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 8-03-1997).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 74, 78, 127 et 128, 367 et 418. 
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, page 117. 
- Archives Départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy ; fiches du centre de séjour surveillé d’Écrouves (ordre 927 W) ; recherches de Daniel Dusselier. 
- Jacky Tronel, Le Journal du Périgord, mars 2006, site
- Site Mémorial GenWeb, relevé de Guy Chaillaud (03-2005). 
- Jean-Claude et Yves Magrinelli, Antifascisme et parti communiste en Meurthe-et-Moselle, 1920-1945, Jarville, avril 1985, pages 118 et 119 (à propos de Julien Rebourg).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 22-08-2010)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Le château du Sablou : il est désaffecté après le transfert des internés de la fin 1940. Après la guerre, devenu propriété de la commune d’Alfortville (Val-de-Marne), il est transformé en centre pour colonies de vacances. Il fonctionne ainsi pendant vingt-cinq ans, jusqu’au début des années quatre-vingt-dix. Aujourd’hui propriété privée, il a vocation de centre d’hébergement et de gîte d’étape pour touristes.

[2] Concernant la différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil :

Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant de Marceau Rebourg, c’est 15 août 1942 qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.