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(portrait de Lucien Siouville sur le site WikiManche)

Lucien Siouville naît le 16 décembre 1908 à Saint-Lô (Manche – 50)

Avant-guerre, il habite Cherbourg (50) où il travaille à l’Arsenal comme chaudronnier.

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Cherbourg. Le port militaire et les ateliers des forges de l’Arsenal 
dans les années 1900. Carte Postale. Coll. Mémoire Vive.

Syndicaliste CGT, Lucien Siouville est élu délégué ouvrier à l’Arsenal.

Communiste connu, il est candidat aux municipales à Cherbourg.

Pendant la guerre, il est révoqué pour ses opinions politiques et mobilisé en avril 1940.

Après la défaite de 1940, il s’évade du camp de prisonniers de Fourchambault (Nièvre) et reprend sa place au sein du Parti communiste clandestin en février 1941, puis comme membre du Front national (Résistance) à partir du mois de juillet. Il trouve refuge au moulin de Gonneville près de Bricquebec (50), avec sa femme et son enfant. Il travaille alors comme bûcheron et effectue de petits travaux.

Il retrouve la liaison avec le Parti communiste clandestin grâce à André Defrance (frère de son épouse), qui organise le secteur et dont il devient l’agent de liaison.

Le 27 octobre 1941, Lucien Siouville est arrêté à son domicile par la police allemande (sa femme le sera deux jours après). Il est conduit à la prison maritime de Cherbourg, puis au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Lucien Siouville est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46106 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Lucien Siouville meurt à Auschwitz le 30 octobre 1942, selon les registres du camp.

Il est reconnu comme « Déporté-Résistant ».

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 366 et 420. 
- De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’associationMémoire Vive, éditions Cahiers du Temps, Cabourg (14390), juin 2001, notice par Cl. Caron-Hamet page 129. 
- site Wikimanche
- http://beaucoudray.free.fr/1940.htm 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1120 (38051/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 20-06-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.