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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Lucien, Maurice, Jules, Langlois naît le 3 avril 1913 à Provins (Seine-et-Marne – 77), fils de Henri Langlois et de Marthe Marcault, son épouse. Son prénom d’usage est peut-être Maurice…

De la classe 1933, Lucien Langlois effectue son service militaire au 1er G.A. à Fontainebleau (1er groupe de l’École d’artillerie ?).

En 1936, à Provins, il se marie avec Suzanne Lavacherie. Mais le couple – qui n’a pas d’enfant – ne s’entend pas. Le mari engagera une procédure de divorce, mais il sera débouté de sa demande par un jugement du Tribunal de Provins rendu le… 15 juillet 1942.

Au moment de son arrestation, Lucien Langlois est domicilié au 2, rue de Pontigervais à Provins, où il héberge sa mère, devenue veuve.

Plombier de formation, il est employé à l’usine à gaz de Provins.

Inscrit au Parti communiste de 1937 à 1939, il est secrétaire de section en 1938 et l’année suivante, avec Serge Veau pour trésorier. Les réunions se tiennent à Ormes-sur-Voulzie, au domicile de Roger Benenson, député communiste de la circonscription de Provins (mai 1936) et conseiller général du canton (octobre 1937), fondateur du journal L’Information de Seine-et-Marne.

Le dimanche 19 octobre suivant, des « policiers français et allemands » viennent chercher Lucien Langlois à son domicile dans le cadre d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant contre des communistes de Seine-et-Marne, pris comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte – incendies de meules et de hangars – ayant eu lieu dans le département.

Il est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager), parmi 86 Seine-et-Marnais arrêtés en octobre (42 d’entre eux seront des “45000”). Lucien Langlois y est enregistré sous le matricule n° 1747.

Le 28 novembre, le nom de “Maurice” Langlois apparaît sur une liste de 79 otages communistes pouvant être proposés pour une exécution de représailles, établie par la Feldkommandantur 680 de Melun et adressée au chef du district militaire “A” à Saint-Germain-[en-Laye].

Entre fin avril et fin juin 1942, Lucien Langlois est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Lucien Langlois est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45724 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Le 14 novembre, son nom est inscrit sur un registre de l’infirmerie (Revier).

Il meurt à Auschwitz le 1er décembre 1942, d’après les registres du camp.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 378 et 409. 
- Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys, cabinet du préfet, dossiers d’attribution de la carte de déporté (cote SC1994) ; arrestations allemandes, secteur de Provins, dossier individuel (SC51231) ; notes (SC51241). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, site internet, Archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; cotes IV-198 et XLIV-60.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 23-01-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.