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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Louis Momon naît le 19 juin 1896 à Accolay (Yonne – 89), chez ses parents, Justin Momon, 42 ans, vigneron, et Louise Maître, 36 ans, vigneronne, son épouse. Les deux témoins, dont Gabriel Momon, 39 ans, sont également vignerons.

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Accolay, vue depuis la RN 6. 
Carte postale oblitérée en 1950. Collection Mémoire Vive.

Louis Momon a une formation de serrurier maréchal, puis de mécanicien outilleur.

La Première Guerre mondiale est déclenché début août 1914. Le 12 avril 1915, Louis Momon est mobilisé comme soldat de 2e classe au 30e régiment d’artillerie. Le 17 juin 1916, il passe à la 56e compagnie du 13e régiment d’artillerie, unité qui monte au front ; le 1er juillet suivant, il passe au 40e régiment d’artillerie. Pour un motif restant à préciser, il est soigné dans un service d’ambulance du 22 novembre au 7 janvier, puis à l’hôpital jusqu’au 26 février 1917. Il est encore hospitalisé un mois en août. Le 12 septembre 1917, il est affecté au 38e régiment d’artillerie, dans l’Armée d’Orient ; le 19 février 1918, il passe au 109e régiment d’artillerie lourde. Maintenu sous les drapeaux, alors qu’il aurait dû passer dans l’armée de réserve, il est affecté au 145e régiment d’artillerie lourde le 1er mars 1918 ; le 5 mai 1919, rapatrié, il passe au 105e régiment d’artillerie lourde à Marseille ; le 6 avril (?) suivant, il passe au 30e régiment d’artillerie de campagne. Il est renvoyé en « congé illimité » le 20 septembre 1919 et se retire à Accolay, titulaire d’un certificat de bonne conduite.

En juin 1920, Louis Momon habite au 53, rue Escuder à Boulogne-sur-Seine (Seine/Hauts-de-Seine). En décembre, il est domicilié au 15, rue du Plat-d’Étain à Sens (89). En mai 1921, il emménage au 2, passage Dantzig à Paris 15e, puis, en décembre 1924, au 49, rue Linois, dans le même arrondissement.

Le 14 février 1925, à Paris, il se marie avec Yvonne, Hélène, Picard.

Communiste militant, il effectue un voyage en URSS en juin 1932, déclarant comme adresse : Moscou, Bolchain Dmitrovka 15/3, appt. 59.

De mai 1933 à juillet 1939, il est domicilié au 125 boulevard Masséna, à Paris 13e.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 44, rue Descartes, à Paris 5e.

Il travaille comme mécanicien ajusteur (dans quelle entreprise ? à vérifier…).

Après « le début des hostilités » (septembre 1939), il n’attire pas l’attention de la police, qui a eu connaissance de son séjour à Moscou.

Rappelé à l’activité militaire le 1er mars 1940, il est classé “affecté spécial” au titre de la Société industrielle d’instruments de précision, sise au 59, avenue Jean-Jaurès à Arcueil (Seine/Val-de-Marne), peut-être son employeur d’avant-guerre.

Le 28 avril 1942, Louis Momon est arrêté à son domicile lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Louis Momon est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45884 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 21 août 1942, d’après les registres du camp.

Déclaré “Mort pour la France”, il est homologué comme “Déporté politique”.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 371 et 414. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (fichier central). 
- Archives départementales de l’Yonne, archives en ligne ; état civil d’Accolay, registres d’état civil 1893-1899 (cote 5 Mi 1238/ 127), année 1896, acte n°10 (vue 30/211) ; registre matricule du recrutement militaire, bureau d’Auxerre, classe 1916, n° de 501 à 1000 (cote 1 R 764), matricule 732 (vues 586-588/1290). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 825 (23462/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 18-09-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.