Louis, Jules, Dusselier naît le 10 février 1898 à Narcy (Haute-Marne – 52).

Mobilisé lors de la Première guerre mondiale, il est touché par les gaz de combat.

Le 26 juin 1920 à Roziéres-sur-Mouzon (88), il épouse Marie Louise Hinderschid. Ils ont cinq enfants : Berthe, Robert, Daniel, Jean-Marie et Annie.

JPEG - 14.2 ko
Louis Dusselier © Droits Réservés.

Au moment de son arrestation, la famille est domicilié au 200, avenue de la République à Saint-Dizier (52).

Louis Dusselier est ouvrier métallurgiste (dans quelle entreprise ? à vérifier…).

C’est un militant communiste.

Le 21 juin 1941, il est arrêté à son domicile par la police allemande [1] en raison de ses activités politiques antérieures et emprisonné à la maison d’arrêt du Val-Barizien à Chaumont (52). Il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager) où il est enregistré sous le matricule 585.

De septembre à mai 1942, Louis Dusselier est hospitalisé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris 5e, où son fils Robert a pu le voir plusieurs fois, puis il est ramené au camp.

JPEG - 7.3 ko
Interné au Val-de-Grâce, hôpital militaire. © Droits Réservés.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

JPEG - 128.9 ko

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Louis Dusselier est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45517 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

JPEG - 51.3 ko
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oswiecim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Louis Dusselier.

On ignore la date exacte de sa mort à Auschwitz ; probablement avant la mi-mars 1943 [2].

Déclaré “Mort pour la France”, il est homologué comme “Déporté politique”.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 26-05-1989).

Son nom est inscrit sur la plaque dédiée aux déportés politiques, aux déportés du travail et aux victimes civiles de la guerre 1939-1945 apposée dans le hall de l’Hôtel de Ville de Saint-Dizier.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, 127 et 128, pages 367 et 403. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour Nicolas Dupeux et Jean-Marie Dusselier (01-2006, citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen – M. Savary (ADIRP de Saint-Dizier,13-06-1992) – Robert Dusselier, son fils, réponses à un questionnaire (22-06-1992). 
- Message de Jean-Marie Dusselier, son fils (3-01-2008). 
- Robert Dupays et Raymond Jacquot, site internet Mémorial GenWeb, 2004.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 20-04-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] L’ “Aktion Theoderich : L’attaque de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, se fait au nom de la lutte contre le “judéo-bolchevisme”. Dès mai 1941, une directive du Haut-commandement de la Wehrmacht pour la “conduite des troupes” sur le front de l’Est définit le bolchevisme comme « l’ennemi mortel de la nation national-socialiste allemande. C’est contre cette idéologie destructrice et contre ses adeptes que l’Allemagne engage la guerre. Ce combat exige des mesures énergiques et impitoyables contre les agitateurs bolcheviks, les francs-tireurs, les saboteurs et les Juifs, et l’élimination allemande de toute résistance active ou passive. » Hitler est résolu à écraser par la terreur – à l’Ouest comme à l’Est – toute opposition qui viendrait entraver son effort de guerre. Le jour même de l’attaque contre l’Union soviétique, des mesures préventives sont prises dans les pays occupés contre les militants communistes – perquisitions à leur domicile et arrestations – et des ordres sont donnés pour punir avec la plus extrême sévérité toute manifestation d’hostilité à la puissance occupante.

En France, dans la zone occupée, au cours d’une opération désignée sous le nom de code d’Aktion Theoderich, plus de mille communistes sont arrêtés par les forces allemandes et la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne, créé à cette occasion pour la détention des « ennemis actifs du Reich » sous l’administration de la Wehrmacht.

Au total, 1300 hommes y seront internés à la suite de cette action. 131 d’entre eux, arrêtés entre le 21 et le 30 juin, font partie de ceux qui seront déportés dans le convoi du 6 juillet 1942.

[2] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil en France : Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

Concernant Louis Dusselier, c’est le 15 décembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.