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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Louis, Laurent, Guizard, (« dit Laurent »), naît le 24 octobre 1906 à Paris 10e (75), fils de Laurent Guizard et de Louise Lucas.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 93, rue de Saint-Cloud à Boulogne-Billancourt [1] (Hauts-de-Seine – 92). Il est célibataire.

Laurent Guizard est charpentier en fer.

Sous l’occupation, il participe à la distribution de propagande clandestine, qu’il reçoit notamment par l’intermédiaire de Marcel Bec.

Le 28 décembre 1940, une perquisition menée par la police à son domicile amène la découverte « d’environ deux mille tracts communistes ». Dans la même affaire sont pris seize hommes, dont Marcel Bec, et un couple.

Le 1er janvier 1941, inculpé d’infraction au décret-loi du 26-09-1939 (dissolution et interdiction du Parti communiste), Laurent Guizard est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le 17 mai 1941, tous les inculpés comparaissent devant la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine. Laurent Guizard est condamné à quinze mois d’emprisonnement. Lui et Marcel Bec se pourvoient appel auprès du procureur de la République.

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Palais de Justice de Paris, île de la Cité, Paris 1er. 
Tribunal correctionnel, un des porches du rez-de-chaussée. 
(montage photographique)

Le 3 juin, Laurent Guizard est transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes [1] (Val-de-Marne – 94).

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La maison d’arrêt de Fresnes après guerre. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

À l’expiration de sa peine, le 23 octobre, il n’est pas libéré : le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif. Pendant un temps, il est détenu au dépôt de la préfecture de police (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité).

Le 10 novembre, Laurent Guizard est parmi les 58 « militants communistes » (dont un gaulliste !) transférés du dépôt au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne – 86).

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Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé”, 
vu du haut d’un mirador. Date inconnue. 
Au fond – de l’autre côté de la voie ferrée -, le village. 
Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne), 
Fonds Amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant. Droits réservés.

Le 22 mai 1942, il fait partie d’un groupe de 156 internés – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

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Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, 
futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; 
à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. 
Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, Louis Guizard est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Louis Guizard est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45646, selon les listes reconstituées (la photo d’immatriculation correspondant à ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

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Portail du sous-camp de Birkenau, secteur B-Ia, semblable 
à celui du secteur B-Ib par lequel sont passés tous les “45000”.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Louis Guizard.

Il meurt à Auschwitz le 1er septembre 1942, d’après les registres du camp.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. 17-08-1994).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 381 et 407. 
- Archives de Paris, archives du tribunal correctionnel de la Seine ; rôle du greffe du 5 juin au 22 septembre 1941, cote D1u6-5857 ; jugements du 16 au 18 mai 1941, cote D1u6-3751. 
- Archives Départementales du Val-de-Marne, Maison d’arrêt de Fresnes, dossier des détenus “libérés” du 16 au 31-10-1941, cote 511w24. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), Paris ; liste XLI-42, n° 96. 
- Archives départementales de la Vienne, cote 109W75 (camp de Rouillé). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 409 (26398/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 29-06-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Boulogne-Billancourtet Fresnes : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, ces communes font partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).