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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Louis Bresolin naît le 14 février 1909 à Bassano (Italie), fils de Luigi Bresolin et de Felicita Bordignon.

Il arrive en France le 12 octobre 1926, arrivant de Vicense (Italie).

En 1932, il est domicilié au n° 10 de la cité des mines à Valleroy, dans le bassin minier de Briey (Meurthe-et-Moselle – 54).

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Valleroy. Les cités des mines. Carte postale non datée. 
Collection Mémoire Vive.

Il est célibataire (ou marié, avec un enfant ?).

Louis Bresolin est machiniste (wattman) à la mine de fer de Valleroy. Pendant un temps, il est secrétaire du syndicat CGT des mineurs.

Le 4 janvier 1935, le préfet de Meurthe-et-Moselle donne un avis favorable à sa naturalisation française de Louis Bresolin, le commissaire spécial ayant indiqué qu’ « il est membre de la Société de SecoursMutuels de Valleroy (…) société (qui), bien qu’étant plutôt à tendance antifasciste, ne s’occupe pas de politique ».

Dans la nuit du 4 au 5 février 1942, un groupe de résistance communiste mène une action de sabotage contre le transformateur électrique de l’usine sidérurgique d’Auboué qui alimente également dix-sept mines de fer du Pays de Briey. Visant une des sources d’acier de l’industrie de guerre allemande (Hitler lui-même s’en préoccupe), l’opération déclenche dans le département plusieurs vagues d’arrestations pour enquête et représailles qui concerneront des dizaines de futurs “45000”.

À une date restant à préciser (février), Louis Bresolin est arrêté (par la Feldgendarmerie ?) ; à vérifier…

Son nom figure – n°52 – sur une « liste communiquée le 19 (février ?) au soir à la KK(Kreiskommandantur) de Briey par le sous-préfet » pour préciser la nationalité de cinquante-trois hommes : Louis Bresolin est désigné comme français.

Le 23 février, il fait partie des vingt-cinq otages transférés par la police allemande au centre de séjour surveillé d’Écrouves, près de Toul (54), en attente « d’être dirigés sur un autre camp sous contrôleallemand en France ou en Allemagne » ; ils y rejoignent quatorze autres otages arrivés la veille.

Et, effectivement, le 5 mars, Louis Bresolin est parmi les trente-neuf détenus transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Louis Bresolin est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46223 selon les listes reconstituées (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).

Il meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des inaptes au travail comme otage à la suite de laquelle 146 des 45000 sont inscrits sur leregistre des décès en deux jours (probablement gazés [1]).

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 20-09-2007).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 74, 150 et 153, 368 et 397. 
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, page 117. 
- Jean-Claude et Yves Magrinelli, Antifascisme et parti communiste en Meurthe-et-Moselle, 1920-1945, Jarville, avril 1985, page 247, 345. 
- Archives Départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy, cotes W1304/23 et WM 312 (recherches de Daniel Dusselier). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 132 (31580/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 20-03-2010)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.