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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Julien, François, Marie, Massé naît le 10 août 1921 au Kremlin-Bicêtre [1] (Val-de-Marne – 94), de parents venus du Finistère : François Massé, né en 1896, employé à la Compagnie de l’Air (ou Compagnie des Eaux ?) à Arcueil, et Marie Vaillant, née en 1893. Julien Massé a deux frères et une sœur plus jeunes : Charlemagne, né en 1927, Simone, née en 1928, et François, né en 1930.

Au moment de son arrestation, Julien Massé est domicilié chez ses parents, au 17, voie Boieldieu à Vitry-sur-Seine [1] (94).

Célibataire, il est manœuvre, employé chez Morin (?), au 128, rue d’Alésia à Paris.

Il milite aux Jeunesses communistes (JC), groupe des Malassis ?.

Après l’interdiction des organisations communistes et sous l’occupation, il reste actif au sein des JC clandestines. En mars et avril 1941, il participe à la distribution de tracts et au collage de papillons à Vitry.

Le 1er mai 1941, il est interpellé par des agents du commissariat d’Ivry-sur-Seine, comme Jean Hernando, à la suite de l’arrestation de Maurice Coulin fils (17 ans) et de deux camarades pris la nuit précédente en train de peindre des « inscriptions sur les murs des immeubles de la localité ». Julien Massé y a participé « en traçant au goudron des inscriptions communistes sur les murs de clôture du stade municipal » (un registre de Voves n’évoque qu’un « flagrant délit de collage de papillons » ). Le 3 mai, inculpé d’infraction au décret-loi du 26-9-1939, Julien Massé est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Le 23 janvier 1942, le Tribunal spécial de la Seine le condamne à treize mois de prison et cent francs d’amende. Le 25 février, à l’expiration de sa peine, il est conduit à la Maison d’arrêt de Fresnes pour sa levée d’écrou. Mais il est « consigné PP pour AA », c’est-à-dire interné au dépôt de la préfecture de police à disposition des autorités allemandes.

Le 26 mars, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif, en même temps que celui de Jean Hernando. Pendant un temps, les deux hommes sont détenus au dépôt de la préfecture de police (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité).

Le 16 avril, ils sont transférés au “centre de séjour surveillé” de Voves (Eure-et-Loir – 28) ; Julien Massé y est enregistré sous le matricule 83.

Le 10 mai, il fait partie des 81 détenus remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht(Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin, Julien Massé est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Julien Massé est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45857, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Julien Massé.

Il meurt à Auschwitz le 3 octobre 1942, selon l’acte de décès établi par l’administration SS du camp ; il a 21 ans.

(aucun des treize “45000” de Vitry n’est revenu).

La mention “mort en déportation” est portée sur les actes de décès (J.O. du 11-01-1995).

Son nom est inscrit sur le monument « À la mémoire de Vitriotes et des Vitriots exterminés dans lescamps nazis » situé place des Martyrs de la Déportation à Vitry.

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Une plaque dédiée aux “45000” vitriots a été apposée 
au dos du monument. Elle est parfois masquée par la végétation.
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La plaque apposée pour le 50e anniversaire de la libération 
des camps (avril 1995).

Sources :

- 1939-1945, La Résistance à Vitry, Ville de Vitry-sur-Seine, 1992, page 19. 
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 390 et 413. 
- Archives communales de Vitry-sur-Seine, listes de recensement de 1936. 
- Musée de la Résistance Nationale, Champigny-sur-Marne ; fiche de police de Julien Massé au commissariat de circonscription d’Ivry-sur-Seine. 
- Comité du souvenir du camp de Voves, liste établie à partir des registres du camp conservés aux Archives départementales d’Eure-et-Loir. 
- Archives départementales du Val-de-Marne, Maison d’arrêt de Fresnes, détenus libérés du 21 au 31 janvier 1942, cote 511w 30. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 787 (34416/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 13-02-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).