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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oswiecim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Jules, Claudius, Allaix naît le 1er juillet 1898 à Yzeure (Allier – 03) au lieu-dit la Croix-Duret à Yzeure (Allier – 03), chez ses parents, Antoine Allaix, 26 ans, pâtissier, et Anne Plesme, son épouse, 21 ans, couturière.

Considérant son âge, Jules Allaix pourrait avoir été mobilisé à la fin de la guerre 1914-1918 (à vérifier…).

À partir de 1920, il est employé sur des chantiers mobiles pour goudronner les routes, se déplaçant en roulotte. Puis il entre comme mouleur à la Fonderie Durenne de Bar-le-Duc (55). Selon une enquête de la police, il est considéré comme « un bon ouvrier qui donne satisfaction à ses chefs ».

À une date restant à préciser, Jules Allaix se marie avc Marthe Claude. Ils auront neuf enfants, dont sept vivants.

Au moment de son arrestation, il est domicilié cité Kühlmann, route de Longueville, à Bar-le-Duc (Meuse – 55).

Jules Allaix est un militant communiste, secrétaire de la cellule des Métaux et du Bâtiment de Bar-le-Duc (44 adhérents avant la dissolution du Parti Communiste, en septembre 1939).

Il est arrêté entre le 22 et le 24 juin 1941, probablement dans le cadre de l’Aktion Theoderich [1], et interné dans les jours suivants au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

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Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, 
futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; 
à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. 
Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, Jules Allaix est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Dans un des wagons, les détenus de la Meuse se sont rassemblés autour de Charles Dugny, de Lérouville.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Jules Allaix est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45165 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée [2]).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Jules Allaix.

Il meurt à Auschwitz le 16 août 1942, selon les registres du camp ; cinq semaines après l’arrivée de son convoi.

Son nom est inscrit sur le Monument aux morts de Bar-le-Duc.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 73, 369 et 393. 
- Archives départementales de l’Allier, site internet, archives en ligne, registre des naissances d’Yzeure, année 1898, cote Mi EC321 17, acte n° 46 (vue 124/988). 
- Archives départementales de la Côte-d’Or, Dijon (cote 1630, article 252). 
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué). 
- Site Mémorial GenWeb, 54-Bar-le-Duc, relevé de Jean-Pierre Leisen (2002). 
- Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, délégation de l’Allier (AFMD-03), site internet.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 3-12-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] L’ “Aktion Theoderich : L’attaque de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, se fait au nom de la lutte contre le “judéo-bolchevisme”. Dès mai 1941, une directive du Haut-commandement de la Wehrmacht pour la “conduite des troupes” sur le front de l’Est définit le bolchevisme comme « l’ennemi mortel de la nation national-socialiste allemande. C’est contre cette idéologie destructrice et contre ses adeptes que l’Allemagne engage la guerre. Ce combat exige des mesures énergiques et impitoyables contre les agitateurs bolcheviks, les francs-tireurs, les saboteurs et les Juifs, et l’élimination allemande de toute résistance active ou passive. » Hitler est résolu à écraser par la terreur – à l’Ouest comme à l’Est – toute opposition qui viendrait entraver son effort de guerre.

Le jour même de l’attaque contre l’Union soviétique, des mesures préventives sont prises dans les pays occupés contre les militants communistes – perquisitions à leur domicile et arrestations – et des ordres sont donnés pour punir avec la plus extrême sévérité toute manifestation d’hostilité à la puissance occupante. En France, dans la zone occupée, au cours d’une opération désignée sous le nom de code d’Aktion Theoderich, plus de mille communistes sont arrêtés par les forces allemandes et la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne, créé à cette occasion pour la détention des « ennemis actifs du Reich » sous l’administration de la Wehrmacht.

Au total, 1300 hommes y seront internés à la suite de cette action. 131 d’entre eux, arrêtés entre le 21 et le 30 juin, font partie de ceux qui seront déportés dans le convoi du 6 juillet 1942.

[2] Sa photographie d’immatriculation à Auschwitz a été reconnue (son nom orthographié « Alex ») par des rescapés lors de la séance d’identification organisée à l’Amicale d’Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletin Après Auschwitz, n°21 de mai-juin 1948).