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En mars 1937…
© RATP/Archives définitives.

Joseph Biffe naît le 15 janvier 1898 à Maisons-Alfort (Seine / Val-de-Marne), fils de Marie Biffe, journalière, âgée de 20 ans, domiciliée au 19, rue Marceau, et de « père non-dénommé ». Il est pupille de l’Assistance publique de la Seine.

Le 15 janvier 1915, il est embauché comme camionneur – considéré comme ouvrier agricole – chez François Debliker [?], patron cultivateur à Montereau-sur-le-Jard, 6 km au nord de Melun (Seine-et-Marne – 77).

Alors qu’il est de la classe 1918, Joseph Biffe devance sa mobilisation et s’engage volontairement pour la durée de la guerre le 9 septembre 1915, à la mairie de Melun. Deux jours plus tard, il est incorporé au 95e régiment d’infanterie comme soldat de 2e classe. Il rejoint le front le 29 février 1916 (?). Le 28 février 1917, alors que son unité est cantonnée dans le sous-secteur du Four-de-Paris en forêt d’Argonne, il est promu caporal. Le 30 mars suivant, il est cité à l’ordre de son régiment : « Volontaire pour une reconnaissance poussée dans les lignes ennemies, s’est fait remarqué par sa belle attitude au cours de deux coups de main effectués… [illisible] 27 mars 1917 ». À cette dernière date, le journal de marche et opérations du régiment rapporte : « Un coup de main organisé et exécuté par la section d’élite du régiment nous a permis de ramener deux prisonniers dont un blessé. Journée assez mouvementée, bombardement par obus et torpille. Un soldat tué ». Précédemment, à la date du 7 mars, il est relaté : « À 5 heures du matin, la section d’élite du régiment, sous les ordres du sous-lieutenant Durassié, par un coup de main heureux, a pénétré dans la tranchée allemande Arc-de-Cercle, en face du front II, du quartier des Meurissons. Après une rapide exploration, le jet d’explosifs dans les abris, la destruction d’un PP ennemi, la section rentre au complet dans nos lignes ; 5 blessés légers, dont 1 sergent ». Le 16 juin, Joseph Biffe est de nouveau cité à l’ordre de son régiment, alors cantonné dans le secteur de la Main de Massiges, en Champagne : « Faisant partie du détachement de reconnaissance, a pris part à toutes les missions dangereuses ; modèle de bravoure et d’audace ». Joseph Biffe est finalement cité à trois reprises. Pour ces actions, il reçoit la Croix de guerre (il recevra la Médaille militaire en octobre 1932). Toujours dans le même secteur, l’artillerie allemande déclenche dans la nuit du 15 au 16 septembre un intense bombardement allemand par torpilles à gaz sur les ravins des Faux et des Noyers : trois soldats sont tués et sept évacués pour intoxication, dont Joseph Biffe.

Le 21 mai 1918, celui-ci est affecté au 4e bataillon d’infanterie légère d’Afrique, qu’il rejoint dans son cantonnement du secteur de Trigny, 10 km au nord-ouest de Reims (Marne). Une semaine plus tard, le 28 mai, au début de la grande offensive allemande débordant le Chemin des Dames en direction de la Marne, alors que « L’ordre est donné aux unités de continuer leur mission de sacrifice et de ne reculer que pied à pied », Joseph Biffe est porté disparu à Courcy, près du canal de l’Aisne à la Marne : fait prisonnier de guerre, il est détenu à « Grashen-Coudier » [?] et reste en captivité jusqu’au 8 janvier 1919. Rapatrié, il est affecté au 31e RI. Le 1er octobre 1919, il rentre dans ses foyers à Dampart, titulaire d’un certificat de bonne conduite (« mis en congé illimité de démobilisation » le 1er novembre).

Le 11 mars 1919, à Lagny-sur-Marne (77), il épouse Marie-Thérèse Haccard (?). Ils ont d’abord un fille : Cécile, née le 18 février 1920. En mai 1921, la famille habite au 36, rue du Poteau, à Paris 18e.

Le 21 janvier 1921, Joseph Biffe entre comme receveur à la STCRP (Société des transports en commun de la région parisienne , crée à cette date [1]). Quelques mois plus tard, il devient machiniste (conducteur) sur tramway. Il est affecté sur la ligne 66 (Colombes Gare/Asnières Quatre Routes/Gennevilliers/Saint-Ouen Mairie/Porte de Clignancourt) au dépôt de Saint-Ouen [2] (Seine / Seine-Saint-Denis – 93), puis, quand celui-ci ferme en septembre 1933, au dépôt d’Asnières-sur-Seine (93).

À partir du 1er janvier 1924 et jusqu’à son arrestation, Joseph Biffe est domicilié au 62, rue Anselme à Saint-Ouen.

Marie-Thérèse Biffe met encore au monde deux garçons : Georges, né le 10 août 1926, et Roger, né le 24 avril 1928.

Le “Maitron” répertorie un nommé Biffe qui dirige la liste communiste de Saint-Ouen lors des élections municipales de mai 1929 : est-ce lui ? (selon Fernand Devaux, Joseph Biffe est effectivement membre du PC).

Son épouse, Marie-Thérèse, décède le 23 mars 1932. Leurs enfants ont respectivement 17, 5 et 3 1/2 ans.

Le 30 avril 1934, Joseph Biffe devient machiniste sur omnibus automobile (autobus – OA). Il est alors muté au dépôt des Poissonniers, à Paris 18e. En décembre 1935, il est muté au dépôt Michelet, à Saint-Ouen.

Le 18 juillet 1936, à Saint-Ouen, il se marie avec Anna Coat.

Du 17 août au 4 octobre 1936, puis, du 1er juillet au 19 septembre 1937, Joseph Biffe est mis en disponibilité par son entreprise comme permanent du Syndicat général du personnel de la TCRP.

Le 30 novembre 1938, il participe à la grève nationale lancée par la CGT pour protester contre l’abandon des mesures sociales du Front populaire. Dans un « rapport spécial » ultérieur, l’inspecteur et le chef du dépôt Michelet rapportent que Joseph Biffe s’est présenté sur son lieu de travail à l’heure de sa prise de service, à 6 h 43, « mais n’a pas voulu sortir la voiture qui lui était indiquée ». Notant l’« attitude de cet agent au cours de la journée du 30 novembre », ils la déclarent mauvaise, ajoutant : « Meneur très actif ». Le 3 décembre, le machiniste est interrogé par l’ingénieur en chef, chef du groupe Nord, qui note dans un rapport aux formules stéréotypées : [dactylographié] « cet agent a invoqué le motif suivant pour son absence au service pour lequel il était commandé le 30 novembre 1938 : [manuscrit] a obéi aux ordres de la C.G.T. ». Puis [dactylographié] « Attitude au moment de l’interrogatoire : [manuscrit] attitude décidée de quelqu’un qui est sûr de son bon droit. »

Dans un courrier daté du 6 décembre, le directeur du personnel de la STCRP informe Joseph Biffe que, n’ayant pas assuré son service le mercredi 30 novembre, « le contrat qui vous liait à notre société étant ainsi rompu de votre fait, vous ne faites plus partie de notre personnel ».

Le 2 septembre 1940, Joseph Biffe écrit à l’administrateur délégué de la STCRP pour lui demander où en est le processus de réintégration envisagé avec la direction en juillet 1939, ou sinon d’organiser sa mise à la retraite.

Sous l’occupation, la police française (RG) le considère comme un « communiste notoire – Agent actif de la propagande clandestine. Distributeur de tracts ».

Le 5 octobre 1940, Joseph Biffe est arrêté lors de la grande vague d’arrestations organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par les préfets du gouvernement de Pétain à l’encontre des responsables communistes de la région parisienne avant guerre (élus, cadres du PC et de la CGT) ; action menée avec l’accord de l’occupant. Après avoir été regroupés en différents lieux, 182 militants de la Seine sont conduits le jour-même en internement administratif au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé à cette occasion dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

Aincourt. Le sanatorium de la Bucaille. Au premier plan,  le pavillon qui fut transformé en camp d’internement.  Carte postale oblitérée en 1958. Coll. Mémoire Vive.

Aincourt. Le sanatorium de la Bucaille. Au premier plan,
le pavillon qui fut transformé en camp d’internement.
Carte postale oblitérée en 1958. Coll. Mémoire Vive.

Conçus à l’origine pour 150 malades, les locaux sont rapidement surpeuplés : en décembre 1940, on compte 524 présents.

Le 4 décembre 1940, Joseph Biffe fait partie d’un groupe d’une centaine d’internés « choisis parmi les plus dangereux » transférés par mesure préventive à la Maison centrale de Fontevraud-L’Abbaye [3], près de Saumur (Maine-et-Loire) ; leur transport s’effectue en car et sous escorte. Les détenus sont enfermés dans une grande salle commune de la Centrale. Ils apprennent que 70 communistes purgent une peine dans le secteur carcéral.

 

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Fontevraud, l’entrée. Carte Postale. Collection Mémoire Vive.

Le 20 janvier 1941, sans être informés de leur destination, la même centaine d’internés est conduite à la gare de Saumur où les attentent deux wagons de voyageurs à destination de Paris-Austerlitz. À leur arrivée, ils sont conduits à la gare de l’Est où ils rejoignent 69 autres militants communistes en attente de transfert.

Le train les amène à la gare de Clairvaux d’où ils sont conduits – par rotation de vingt détenus dans un unique fourgon cellulaire – à la Maison centrale de Clairvaux (Aube). Une fois arrivés, la direction les contraint à échanger leurs vêtements civils contre la tenue carcérale, dont un tour de cou bleu (“cravate”) et un béret. Ceux qui refusent sont enfermés une nuit en cellule (“mitard”), tandis que la plupart sont assignés à des dortoirs. Rejoints par d’autres, ils sont bientôt 300 internés politiques.

Clairvaux. La Maison centrale. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Clairvaux. La Maison centrale. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 14 mai, Joseph Biffe fait partie – avec Maurice Guy – des 90 détenus transférés au camp de Choisel à Châteaubriant (Loire-Atlantique), parmi lesquels plusieurs seront fusillés le 22 octobre : Guy Moquet, Charles Michels, Jean Poulmarch, Jean-Pierre Timbault, Maurice Ténine, Auguste Pioline… Selon un courrier officiel, ce convoi est « uniquement composé des principaux meneurs considérés comme dangereux à la maison centrale ».

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Joseph Biffé, “interné administratif” à Châteaubriant.
Tous droits réservés.

À une date restant à préciser, Joseph Biffe est remis aux “autorités d’occupation” à leur demande et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht(Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits  pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises.

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Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Joseph Biffe est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45246 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau,
Oświęcim, Pologne.
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire – au cours duquel Joseph Biffe se déclare sans religion (Glaubenslos) -, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir.

Joseph Biffe meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp [4] – peut-être au sous-camp de Birkenau.

La mention “mort en déportation” est portée sur les actes de décès (J.O. du 9-09-1987).

À Saint-Ouen, son nom est inscrit sur la stèle érigée en « Hommage aux résistants, femmes, hommes, déportés à Auschwitz-Birkenau ».

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Le monument dédié aux dix-sept “45000” de Saint-Ouen
et à Marie-Jeanne Bauer, “31000”, inauguré le 24 avril 2005
dans le square des 45000 et des 31000.

Sources :

- Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron (aujourd’hui Claude Pennetier) : Arch. Nat. F7/13264.
- Henri Hannart, Un épisode des années 40, Matricule : F 45652 (les intérêts de certains ont fait le malheur des autres), trois cahiers dactylographiés par son fils Claude, notamment une liste page 23.
- Fernand Devaux, note.
- Archives départementales du Val-de-Marne, site internet ; état civil de Maisons-Alfort, registre des naissances de l’année 1898 (1MI 2428 1), acte n° 12 (11/133).
- Conseil départemental de Seine-et-Marne, site internet, Archives départementales (AD 77) ; registres des matricules du recrutement militaire, classe 1918, bureau de Melun (1R1469), n° 450 (vue : 860/962).
- Archives de la RATP, Paris ; dossier individuel.
- Archives de la préfecture de police (Seine / Paris), site du Pré-Saint-Gervais : cartons “occupation allemande”, camps d’internement, « militants communistes internés adm. par la PP à la MC de Clairvaux et transférés le 14 mai 1941 au CSS de Châteaubriant (L-I.) » (BA 2374) ; carton “PC” n°VII, A.S. du 20 décembre 1940 sur le CSS d’Aincourt.
- Nadia Ténine-Michel, Le camp d’Aincourt (Seine-et-Oise), 5 octobre 1940 – 15 septembre 1942, article in Les communistes français de Munich à Châteaubriant (1938-1941), sous la direction de Jean-Pierre Rioux, Antoine Prost et Jean-Pierre Azéma, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, novembre 1987.
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 386 et 395.
- Jean-Marie Dubois, Malka Marcovich, Les bus de la honte, éditions Tallandier, 2016, pages 144, 145, 146 et 189.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 90 (38880/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 12-03-2017)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] STCRP-CMP-RATP : Le 1er janvier 1942, le Conseil des Transports Parisiens, émanation du gouvernement de Vichy, impose la gestion par la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) du réseau de surface – les bus – précédemment exploité par la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), fusion de fait d’entreprises privées qui prélude la gestion des transports parisiens par un exploitant unique.

La loi du 21 mars 1948 crée l’Office Régional des Transports Parisiens, nouvelle autorité de tutelle du réseau, et la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP), établissement public à caractère industriel et commercial, qui se voit chargée de l’exploitation des réseaux de transport publics souterrains et de surface de Paris et de sa banlieue. (source Wikipedia)

[2] Saint-Ouen : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[3] Fontevraud-L’Abbaye, souvent orthographié Fontevrault-L’Abbaye au 19e siècle.

[4] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil : Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

Concernant Joseph Biffe, c’est le d’abord le 30 juin 1942 (sic) « à Birkenau » qui a été retenu pour certifier son décès (13-09-1946) ; rectifié par décision du tribunal de G.I. de Créteil (12-11-1993).