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Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943,
selon les trois vues anthropométriques de la police allemande.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne.
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Jeanne, Louise, naît le 13 juillet 1901 à Paris 12e, mais elle est élevée à Bagnoles-de-l’Orne (Orne – 61).

La Résistance

Sous l’occupation, Jeanne vit rue du Champ-de-Mars à Tours (Indre-et-Loire) avec Louis Pisetta, né le 14 juillet 1905 à Albiano (Italie).

Le jour, Jeanne Couteau est cuisinière, Louis Pisetta chauffeur. Le soir, ensemble ou chacun de son côté, ils mènent des activités de Résistance : coller des affiches, mettre des tracts sous les portes et dans les boîtes à lettres. Tous deux sont communistes.

L’arrestation

Le 4 août 1942, à 3 heures du matin, ils sont arrêtés à leur domicile, alors qu’ils viennent juste de rentrer de leur activité clandestine nocturne (avant le couvre-feu ?).

Le 7 novembre 1942, Jeanne Couteau quitte la prison de Tours pour le Fort de Romainville. Elle y est enregistrée sous le matricule n° 1167.

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L’unique entrée du Fort de Romainville (Haftlager 122),
surplombée par un mirador.
© Musée de la résistance nationale (MRN),
Champigny-sur-Marne (94).

Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 21.1 »). Le lendemain, Jeanne Couteau fait partie d’un deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent quelques détenues extraites d’autres lieux de détention (Fresnes et dépôt).

Toutes passent la nuit au camp, probablement dans un bâtiment du secteur C.

Le lendemain matin, 24 janvier, les deux-cent-trente femmes sont conduites à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille.

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Comme les autres déportés – avant, après -, la plupart d’entre elles jettent sur les voies des messages à destination de leurs proches, rédigés la veille ou à la hâte, dans l’entassement du wagon et les secousses des boggies (ces mots ne sont pas toujours parvenus à leur destinataire).

En gare de Halle (Allemagne), le train se divise et les wagons des hommes sont dirigés sur le KL Sachsenhausen, tandis que les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le 26 janvier au soir. Le train y stationne toute la nuit. Le lendemain matin, après avoir été descendues et alignées sur un quai de débarquement de la gare de marchandises, elles sont conduites à pied au camp de femmes de Birkenau (B-Ia) où elles entrent en chantant La Marseillaise.

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Portail du secteur B-Ia du sous-camp de Birkenau (Auschwitz-II)
par lequel sont passés les “31000”
(accès depuis la rampe de la gare de marchandises
et le “camp-souche” d’Auschwitz-I…).
© Gilbert Lazaroo, février 2005.

Jeanne Couteau y est enregistrée sous le matricule n° 31772. Le numéro de chacune est immédiatement tatoué sur son avant-bras gauche.

Pendant deux semaines, elles sont en quarantaine au Block n° 14, sans contact avec les autres détenues, donc provisoirement exemptées de travail.

Le 3 février, la plupart des “31000” sont amenées à pied, par rangs de cinq, à Auschwitz-I, le camp-souche où se trouve l’administration, pour y être photographiées selon les principes de l’anthropométrie de la police allemande : vues de trois-quart avec un couvre-chef (foulard), de face et de profil (la photo de Jeanne Couteau a été retrouvée).

Le 12 février, elles sont assignées au Block 26, entassées à mille avec des détenus polonaises. Les “soupiraux” de leur bâtiment de briques donnent sur la cour du Block 25, le “mouroir” du camp des femmes.

Jeanne meurt du typhus, au Revier de Birkenau, au début d’avril 1943.

Les siens ont appris sa mort par Hélène Fournier, au retour des camps.

Louis Pisetta est déporté depuis Compiègne le 17 janvier 1944 dans un transport de 1943 hommes. Deux jours plus tard, il est immatriculé au KL Buchenwald sous le matricule n° 40588.

Il survit à la déportation.

Louis Pisetta décède en 1988.

Sources :

- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1965 (réédition 1998), page 76
- Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression…, 1940-1945, éditions Tirésias, Paris 2004 ; concernant Louis Pisetta, tome 2, page 1430 (30.4.2004).

MÉMOIRE VIVE

(dernière modification, le 19-04-2010)

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