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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Jean, François, Roy naît le 15 décembre 1920 à Paris 13e (75).

Pendant un temps, il habite rue Brillat-Savarin. Au moment de son arrestation, il est domicilié au 115, rue de la Glacière à Paris 13e (aujourd’hui face à la bibliothèque Glacière).

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Au premier plan, l’immeuble du n°115 de la rue de la Glacière. 
© Photo Mémoire Vive.

Jean Roy travaille comme journalier.

Il est membre du Parti communiste.

Le 30 ou 31 janvier 1941, il est arrêté pour « distribution de tracts et collage de papillons communistes », avec Jean Roy et Lucien Borie, et écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

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Palais de Justice de Paris, île de la Cité, Paris 1er. 
Tribunal correctionnel, un des porches du rez-de-chaussée. 
(montage photographique)

En février, la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine condamne Lucien Moreau et Jean Roy à quatre mois d’emprisonnement, et Lucien Borie à 10 mois. Les trois hommes font appel le 22 février.

Le 23 ou 25 mars, la peine de quatre mois de prison est confirmée pour Jean Roy et Lucien Moreau.

Le 12 novembre, ils sont transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes [1] (Val-de-Marne – 94) ; peut-être pour leur levée d’écrou (à vérifier…).

Le 28 avril 1942, Jean Roy est arrêté à son domicile lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin précédemment condamnés par la justice française. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Jean Roy est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Jean Roy est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46073, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

On ignore la date exacte de sa mort à Auschwitz [2] ; probablement avant la mi-mars 1943. Il a 22 ans.

Il est homologué comme “Déporté politique”.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 27-01-1999).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 372 et 419. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (fichier central). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Archives départementales de Paris ; greffe correctionnel, 14 janvier-12 février 1941.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 25-01-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Fresnes : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne” (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] La date de décès inscrite sur les actes d’état civil… Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documentsadministratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant de Jean Roy, c’est « le 11 juillet 1942 à Auschwitz (Pologne) et non le 6 juillet 1942 à Compiègne (Oise) » qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.