Jean Pomier naît le 7 décembre 1907 à Paris 17e (75).

À une date restant à préciser, il épouse Madeleine Liégeois, née le 16 juin 1909, modiste. Ils ont un fils, Claude, né le 26 mai 1931 à Drancy.

Au moment de son arrestation, Jean Pomierl est domicilié au 20, rue de la Gaité (?) à Drancy [1] (Seine-Saint-Denis – 93).

Jean Pomier travaille à l’usine Cégédur du Blanc-Mesnil, dans la zone industrielle de la vallée de la Molette.

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Jean Pomier avant la guerre © Droits Réservés.

Jusqu’en juin 1941, il cache chez lui une ronéo qui sert à imprimer des tracts apportés par A. Descamps, lequel rédige un périodique clandestin : Le Prolétaire drancéen.

Le 25 juin 1941, Jean Pomier est arrêté.

À une date restant à préciser, il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

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Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, 
futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; 
à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. 
Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, Jean Pomier est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

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Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le « camp souche ». 
« Arbeit macht frei » : « Le travail rend libre » 
Carte postale. Collection mémoire Vive.

Le 8 juillet, Jean Pomier est enregistré à Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45999, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Jean Pomier.

Il meurt à Auschwitz le 9 octobre 1942, selon l’acte de décès établi par l’administration SS du camp.

Après l’arrestation du chef de famille, Madeleine Pomier, recherchée, fuit pour échapper à l’arrestation. Leur fils Claude (11/12 ans) part tout seul en Bretagne, à Ploeuc-sur-Lie (Côtes-d’Armorr [2]) où il est hébergé.

Jean Pomier est déclaré “Mort pour la France”.

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative dédiée aux déportés et apposée à l’entrée de la mairie de Drancy.

Son fils Claude est un membre actif de la FNDIRP jusqu’à son décès.

Madeleine Pomier décède le 2 avril 2006 à Miramont-de-Guyenne (47).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 385 et 417. 
- Laurent Pomier, son petit-fils, messages (12-2012). 
- Musée de la Résistance nationale (MRN) Champigny-sur-Marne (94), carton “Association nationale des familles de fusillés et massacrés”, fichier des victimes. 
- Site de la ville du Blanc-Mesnil : (photo en civil). 
- Joël Clesse et Sylvie Zaidman, La Résistance en Seine Saint-Denis, 1940-1944, éd. Syros, juin 1994, pages 390 et 391. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 955 (34949/1942). 
- Site Mémorial GenWeb, 93-Drancy, relevé de Monique Diot Oudry (11-2004).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 4-12-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Drancy : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Côtes-d’Armor : département dénommé “Côtes-du-Nord” jusqu’en février 1990.