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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Jean MAURICE naît le 8 septembre 1898 à Plouézoch (Finistère – 29), il est fils d’un matelot des Douanes.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 15 bis, place Carnot à Rouen (Seine-Maritime [1]- 76). Il est marié et a deux enfants.

Il est marinier jusqu’à sa mise en disponibilité, en février 1928. Il achète alors un café, place Carnot, à Rouen, près d’un quai de Seine où accostent les péniches. Les militants communistes s’y réunissent.

Communiste lui-même, il est aussi secrétaire du Syndicat de la Marine fluviale jusqu’en 1937, puis des Douanes. Demeurant activement syndicaliste après l’achat de son café, il est secrétaire-adjoint de l’Union locale CGT.

Après l’interdiction du Parti communiste, il est « mis en résidence forcée ».

« Plusieurs perquisitions [sont] effectuées à son domicile par différents services de police, mais toutes[sont] négatives ».

Arrêté le 21 octobre 1941, Jean Maurice passe en jugement le 7 janvier 1942 devant la Cour d’Appel de Rouen : il est condamné à cinq ans de prison pour activités communistes et commence à purger sa peine à la maison d’arrêt de Rouen. Le 8 décembre 1941, il figure sur une liste de 28 communistes à « transférer vers l’Est », établie par la Feldkommandantur de Rouen.

Remis aux autorités d’occupation à une date restant à préciser, il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne [2] (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Jean Maurice est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46251 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Jean Maurice meurt à Auschwitz le 22 février 1943, d’après les registres du camp.

Sources :

- Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron, tome 36, p. 140. 
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 377 et 413. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de mémoire Vive sur les “45000” et les ”31000” de Bretagne, citant : Liste établie par Louis Eudier (45523), du Havre – Liste établie par la CGT. 
- Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen, site de l’Hôtel du Département, cabinet du préfet 1940-1946 ; individus arrêtés par les autorités de Vichy ou par les autorités d’occupation, dossiers individuels de Lh à Q (cote 51 W 419), recherches conduites avec Catherine Voranger, petite-fille de Louis jouvin (“45697”). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, site internet, Archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; doc. XLIII-56. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 791 (11475/1943).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 29-04-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Seine-Maritime : département dénommé “Seine-Inférieure” jusqu’en janvier 1955.

[2] Sous contrôle militaire allemand, le camp de Royallieu a d’abord été un camp de prisonniers de guerre (Frontstalag 122), puis, après l’invasion de l’URSS, un « camp de concentration permanent pour éléments ennemis actifs ». À partir de septembre 1941, on y prélève – comme dans les autres camps et prisons de zone occupée – des otages à fusiller. À partir du 12 décembre 1941, un secteur du sous-camp “C” est réservé aux Juifs destinés à être déportés à titre de représailles. Le camp des Juifs est supprimé le 6 juillet 1942, après le départ de la plupart de ses internés dans le convoi transportant les otages communistes vers Auschwitz. Les derniers détenus juifs sont transférés au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis – 93).