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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Henri, Louis (?), Creutzer naît le 8 mai 1906 à Fontoy (Moselle – 57), fils de Louis Creutzer et Léonie Martin. Il a une sœur, Louise, Amélie, née en 1911.

En 1926, Henri Creutzer effectue son service militaire à Thionville (ou bureau de recrutement ?).

Pendant un temps, il habite à Pontigny (Calvados – 14), puis à Giraumont (Meurthe-et-Moselle – 54).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 495, rue de Verdun à Mancieulles, dans le bassin minierde Briey (Meurthe-et-Moselle – 54).

Il est célibataire.

Henri Creutzer est aide-forgeron ou manœuvre à la mine.

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Mancieulles. Ensemble des puits d’extraction de la Société 
anonyme des mines de fer de Saint-Pierremont. 
Carte postale des années 1900. Coll. Mémoire Vive.

Le 15 juillet 1941, le préfet signe un arrêté ordonnant son internement administratif à la Maison d’arrêt de Briey à la suite d’une distribution de tracts communistes dans son secteur d’habitation (il y est gardé quinze jours).

Dans la nuit du 4 au 5 février 1942, un groupe de résistance communiste mène une action de sabotage contre le transformateur électrique de l’usine sidérurgique d’Auboué qui alimente également dix-septmines de fer du Pays de Briey. Visant une des sources d’acier de l’industrie de guerre allemande (Hitler lui-même s’en préoccupe), l’opération déclenche dans le département plusieurs vagues d’arrestations pour enquête et représailles qui concerneront des dizaines de futurs “45000”.

Le nom d’Henri Creutzer figure – n°41 – sur une « liste communiquée le 19 (février ?) au soir à la KK(Kreiskommandantur) de Briey par le sous-préfet » afin de préciser la nationalité de cinquante-trois hommes.

Lors de la « rafle effectuée dans la nuit du 19 au 20 » février, Henri Creutzer est arrêté comme otage, en même temps qu’Angel Bolognini, de Mancieulles (rapport du préfet de la région de Nancy).

Dès le 20 février, Henri Creutzer fait partie d’un groupe d’otages transférés par la police allemande aucamp français d’Écrouves, près de Toul (54), en attente « d’être dirigés sur un autre camp sous contrôleallemand en France ou en Allemagne ».

Et, effectivement, le 5 mars, Henri Creutzer est parmi les trente-neuf détenus transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Henri Creutzer est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45413 selon les listes reconstituées (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 20 octobre 1942, d’après les registres du camp.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 74, 367 et 400. 
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, page 117. 
- Laurent Delayen, son arrière petit-neveu (message 12-02-2008). 
- Archives Départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy, cotes W1304/23 et WM 312 ; fiches du centre de séjour surveillé d’Écrouves (ordre 927 W) ; recherches de Daniel et Jean-Marie Dusselier. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 187 (36882/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 16-05-2010)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.