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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Haï-King Wang nait le 8 août 1900 en Chine, à « Pi-Yuan, Ho Nan » (très probablement dans la vieille ville de Púyáng, préfecture de la province du Henan, au nord-est du pays), fils de Si Fan Wang (père), et de Houang Wang, domiciliés à « Kia Tchou’ang » en 1942 (très probablement la ville de Shijiazhuang – alors récente et transcrite Che Kia Tchouang – dans la province voisine de Hebei).

Au moment de son arrestation, Haï-King Wang est domicilié au 22, rue Saint-Sulpice à Paris 6e (75). Malgré son âge, 41 ans, il se déclare à Auschwitz comme étudiant (Student).

Le 28 avril 1942, il est arrêté à son domicile lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par laWehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Haï-King Wang y est enregistré sous le numéro 3942.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Haï-King Wang est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46205, selon les listes reconstituées (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).

Il meurt à Auschwitz le 2 novembre 1942, d’après l’acte de décès du camp. Celui-ci donne pour cause de sa mort un « catarrhe aigu gastro-intestinal [1] (« Akuter Magendarmkatarrh »). En évitant d’être explicite, ce vocabulaire pourrait désigner une dysenterie, maladie fréquente dans les camps.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 371 et 423. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” des Hauts-de-Seine nord (2005), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (fichier central). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1299. 
- Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne, Bureau d’information sur les anciens prisonniers (Biuro Informacji o Byłych Więźniach) ; copie de l’acte de décès du camp, n° 38905/1942 (seul document conservé).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 25-05-2010)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Catarrhe : désigne une inflammation des muqueuses avec écoulement abondant, le catarrhe intestinal désignant plus précisément une entérite.