JPEG - 77.1 ko
Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Georges, Fernand, Frédéric, Prévoteau naît le 5 janvier 1895 à Orléans (Loiret – 45), chez ses parents, Fernand Prévoteau, 24 ans, employé de bureau, et Louise Brumeau, 24 ans, son épouse. Il a – au moins – deux sœurs : Suzanne, née le 9 mai 1900, et Marcelle, née le 20 janvier 1902.

Considérant son âge, il devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918 (à vérifier…).

Le 31 juillet 1913 à Paris 6e, il se marie avec Élise Ostyn.

Le 30 août 1921 à Paris 11e, il se marie avec Marguerite Dujardin.

Il a deux enfants.

Électricien de profession, Georges Prévoteau est également propriétaire de deux immeubles à Saint-Valéry-sur-Somme (Somme – 80) : le Bar You You, place des Pilotes et un autre dans la rue Roche-Madorne. Il est possible qu’il s’y installe au début de la guerre ou à la suite de l’occupation (il est dit « (séjournant) dans l’arrondissement d’Abbeville ».

Lors des élections cantonales d’octobre 1937, le Parti communiste le présente comme candidat au Conseil d’arrondissement dans la circonscription de Saint-Valéry-sur-Somme (« commerçant »).

Le 5 octobre 1941, il emménage (en famille ?) au 31, rue de Calais à Beauvais (Oise – 60)

Mais, au moment de son arrestation, il est déclaré domicilié au 48, rue de Clichy à Paris 18e (75) et travaillant comme électricien à la maison Capra, à la Courneuve (93).

Le 23 octobre, Georges Prévoteau est arrêté à Paris ou Saint-Valéry (?) par les « autorités d’occupation » pour propagande communiste, et rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager) ; il y est enregistré sous le matricule 1693.

Une perquisition menée le 30 octobre par la police française au Bar You You de Saint-Valéry amène la découvertes de « documents communistes (…) tous antérieurs à 1939 » (journaux, brochures, affiches, insignes).

Le 1er mai 1942, suite à une proposition d’élargissement envisagé par le préfet de l’Oise, le commandant de la Feldkommandantur 580 à Amiens (80) sollicite du préfet de la Somme « une fiche personnelle d’après le modèle en usage » – bilingue français-allemand – concernant Georges Prévoteau.

Dans la « notice individuelle » qu’il rédige en réponse le 5 mai (envoyée le 8), le commissaire principal des Renseignements généraux de la Somme défini Georges Prévoteau comme : « Beau parleur, d’une intelligence au-dessus de la moyenne ».

Entre fin avril et fin juin 1942, Georges Prévoteau est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

JPEG - 145.8 ko
Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Georges Prévoteau est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46015 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des inaptes au travail à la suite de laquelle 146 des 45000 sont inscrits sur le registre des décèsen deux jours (probablement gazés [1]).

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 18-04-98).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, 373 et 417. 
- Archives municipales de la ville d’Orléans, archives en ligne, registre des naissances de la première partie de l’année 1895, cote 2 E 326, acte n°10 du 5 janvier, vue 5/252. 
- Site Gallica, Bibliothèque Nationale de France, L’Humanité n° 14152 du vendredi 17 septembre 1937, page 4, “dix-huitième liste (suite)…”. 
- Archives départementales de la Somme, Amiens, correspondance de la préfecture sous l’occupation, cotes 26w592. 
- Archives départementales de l’Oise, Beauvais ; cote 141w 1162, Internement administratif. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 964 (orthographié « Preroteau »).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 1-08-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.