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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Georges, Antoine, Malbec naît le 31 décembre 1899 à Paris 20e (75), chez ses parents, Jean Marie Malbec, 46 ans, et Françoise Chavinier, son épouse, 33 ans, marchands de parapluies, domiciliés au 31 ou 91, rue du Pressoir.

Le 8 septembre 1928 à Paris 15e, Georges Malbec se marie avec Lydie Lièvre. Ils auront un enfant.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 15, rue des Quatre-frères-Peignot à Paris 15e, à l’angle de l’avenue Émile Zola.

Il est cantonnier titulaire de la Ville de Paris (à Auschwitz, il se déclarera paveur de profession).

Le 19 juillet 1941, il est arrêté une première fois par la police française pour avoir pris l’initiative d’une collecte d’argent en faveur des épouses de deux camarades de travail, détenus pour propagande communiste, et pour être en relation avec un militant communiste repéré par la police. Il est relaxé le lendemain, sous la condition de se présenter à toute convocation.

Le 28 avril 1942, il est arrêté à son domicile, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht(Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Georges Malbec est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Georges Malbec est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45819 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 17 août 1942, d’après les registres du camp [1].

Il est déclaré “Mort pour la France” et homologué comme “Déporté politique” (1956). La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 29-09-1994).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 373 et 412. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Témoignage de Madame Di Fusco (lettre du 8 octobre 1972) : elle-même et son mari (fusillé le 15 décembre 1941 comme otage communiste) militaient avec Georges Malbec dans le 15e arrondissement – Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (dossier individuel). 
- Archives départementales de Paris, site internet, archives en ligne, registre des naissances du 20e arrondissement à la date du 31-12-1899 (V4E 10767, acte n°4922, vue 14/15. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 766 (23196/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 14-05-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil… Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant de Georges Malbec, c’est 15 décembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.