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En 1933.
© RATP/Archives définitives.

Gaston, Étienne, Baptiste, Gaudy naît le 15 août 1897 à Paris 12e, fils d’Antoine Gaudy, 37 ans, « employé du chemin de fer », et d’Élisabeth Thivel, son épouse, 34 ans, cuisinière, domiciliés au 11, rue de Polonceau.

Gaston Gaudy obtient son Certificat d’études primaires.

Entre 16 et 18 ans, il travaille comme garçon de magasin avec sa mère dans un commerce du passage Doudeauville, à Paris 18e.

Le 13 décembre 1916, il est mobilisé comme soldat de 2e classe au 86e régiment d’infanterie. Titulaire de la Croix de guerre, il retourne dans ses foyers le 21 avril 1920.

Au retour et jusqu’en janvier 1921, il retrouve un emploi de garçon de magasin, puis, pendant deux ans, de manutentionnaire. Il habite alors au 49, rue Arago, à Saint-Ouen [1] (Seine / Seine-Saint-Denis).

Le 11 juin 1921 à Saint-Ouen, il épouse Marie Mailliet. Ils auront deux fils : Roger, né le 30 mars 1923, et Robert, né le 18 février 1924, mais qui décède le 9 juin suivant. Dans cette période, la famille est domiciliée au 47, rue Lieutades, à Saint-Ouen.

Le 22 janvier 1923, Gaston Gaudy entre à la STCRP (Société des transports en commun de la région parisienne, réseau de surface intégré à la RATP après la Libération [2]), comme receveur puis machiniste d’autobus au dépôt de Saint-Ouen-Diderot. En 1933, machiniste sur la ligne BW, il est successivement muté aux dépôts Poissonnier, fin janvier, puis Michelet, en octobre.

Syndiqué CGT, il est membre du Parti communiste, selon Fernand Devaux, de Saint-Denis.

À partir du 15 avril 1926 et jusqu’à son arrestation, la famille est domiciliée au 5, villa Louisa, à Saint-Ouen. Mais son épouse décède le 27 novembre 1927.

Du 17 novembre 1928 au 25 mars 1929, il est en congé maladie, « en traitement à la campagne » pour « bronchite chronique ».

Le 20 août 1932 à Saint-Ouen, Gaston Gaudy se marie avec Andrée Gallais.

Au fur et à mesure de la mise en service de nouveaux modèles d’autobus, il apprend à les conduire. Ainsi, le 18 novembre 1938, il est déclaré apte à conduire le Panhard K63-A.

Mobilisé le 24 août 1939, Gaston Gaudy est renvoyé dans ses foyers le 28 février 1940 en qualité d’affecté spécial.

Le 16 novembre 1940, il est relevé de ses fonctions par un arrêté du préfet de la Seine « pour s’être livré à une activité extra-professionnelle ».

Le 16 février 1941, son employeur le déclare retraité en application des lois des 1er juillet et 31 août 1940 et lui verse une pension proportionnelle.

Le 27 juin 1941, Gaston Gaudy est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

À partir du 25 juin 1942, son épouse perçoit la moitié de sa pension de retraite de machiniste.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux
du Mémorial de Margny-les-Compiègne,
installés sur une voie de la gare de marchandise
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jour et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Gaston Gaudy est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45579 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau,
Oświęcim, Pologne.
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Le 10 janvier 1943, le nom de Gaston Gaudy est inscrit sur un registre de l’infirmerie (Revier).

On ignore la date exacte de sa mort à Auschwitz ; probablement avant la mi-mars 1943.

À Saint-Ouen, son nom est inscrit sur la stèle érigée en « Hommage aux résistants, femmes, hommes, déportés à Auschwitz-Birkenau ».

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Le monument dédié aux dix-sept “45000” de Saint-Ouen
et à Marie-Jeanne Bauer, “31000”, inauguré le 24 avril 2005
dans le square des 45000 et des 31000.

Après la guerre, Andrée Gaudy est domiciliée au lieu-dit Les Gobets, sur la commune de Vertou (Loire-Atlantique – 44).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 386 et 405.
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, page 519.
- Archives départementales de Paris, site internet, archives en ligne, extrait du registre des naissances du 10e arrondissement à la date du 17-08-1897 (registre V4E 9390, acte n° 2233, vue 24/31).
- Archives de la RATP, Paris, dossier individuel.
- Jean-Marie Dubois, Malka Marcovich, Les bus de la honte, éditions Tallandier, 2016, pages 144, 145, 146 et 189.
- Fernand Devaux, note.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 12-03-2017)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Saint-Ouen : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] STCRP-CMP-RATP : Le 1er janvier 1942, le Conseil des Transports Parisiens, émanation du gouvernement de Vichy, impose la gestion par la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP) du réseau de surface – les bus – précédemment exploité par la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), fusion de fait d’entreprises privées qui prélude la gestion des transports parisiens par un exploitant unique.

La loi du 21 mars 1948 crée l’Office Régional des Transports Parisiens, nouvelle autorité de tutelle du réseau, et la Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP), établissement public à caractère industriel et commercial, qui se voit chargée de l’exploitation des réseaux de transport publics souterrains et de surface de Paris et de sa banlieue. (source Wikipedia)