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Gabriel Ponty naît le 17 décembre 1921 à Paris 14e (75).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 17, rue des Thermopyles à Paris 14e. Il est célibataire.

Gabriel Ponty est ouvrier métallurgiste aux usines d’automobiles Unic, quai National, devenu quai De Dion-Bouton, à Puteaux [1] (Hauts-de-Seine – 92). Au moment de son arrestation, il est déclaré comme cimentier.

Il est militant des Jeunesses Communistes, secrétaire, responsable des jeunes chômeurs.

Sportif, il est footballeur à l’US du 14e, participant à des matches, jusqu’en championnat.

Sous l’occupation, ce club « sert de couverture » à des activités de résistance. Dans le dossier constitué sur ce groupe par A. Deslandes, il est noté que Gabriel Ponty réussit plusieurs actions contre des installations allemandes, y effectuant un « travail spécial ».

Le 19 mai 1941, Gabriel Ponty est arrêté pour distribution de tracts. Avec un autre militant, il est inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939.

Le 2 juillet, la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine le relaxe.

Le 28 avril 1942, il est de nouveau arrêté, à son domicile, par un Feldgendarme et un inspecteur français lors d’une vague d’arrestations déclenchée à l’initiative des “autorités d’occupation”. Le lendemain, il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht(Frontstalag 122 – Polizeihaftlager) ; matricule 4063.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Gabriel Ponty est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46001 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

René Aondetto et Emmanuel Michel témoignent l’avoir côtoyé à Auschwitz, puis à Birkenau.

Gabriel Ponty meurt à Auschwitz le 2 novembre 1942, d’après les registres du camp.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 372 et 417. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Dossier constitué par André Deslandes – Madame A. Ponty, sa sœur (lettre du 28 décembre 1987 – photos d’avant-guerre) – Mairie du 14e – M. Cottard, Revue d’Histoire du 14e, n°29 de février 1989, p.71. 
- Archives de Paris, archives du tribunal correctionnel de la Seine, rôle du greffe du 5 juin au 22 septembre 1941, cote D1u6-5857. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 956 (38518/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 10-09-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Puteaux : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne” (transfert administratif effectif en janvier 1968).