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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Gabriel, Raymond, Louis, EUSTACHE naît le 11 mai 1920 à Bordeaux (Gironde – 33). Il a – au moins – un frère plus âgé : Jean, André, né le 21 mai 1916.

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Pessac (33) ; son adresse reste à préciser. Sa profession reste à préciser.

En décembre 1940, les deux frères sont arrêtés pour activité communiste et internés au camp de Bacalan, puis à celui de Mérignac. En septembre 1941, Jean (André) Eustache est transféré à la prison du fort du Hâ. Il se pend dans sa cellule le 26 (ou 27) février 1942.

À une date restant à préciser, Gabriel Eustache est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Gabriel Eustache est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46233 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des inaptes au travail à la suite de laquelle 146 des 45000 sont inscrits sur le registre des décèsen deux jours (probablement gazés [1]).

Son nom est inscrit – avec celui de son frère, jean André – sur le monument « à la mémoire des Pessacais fusillés et victimes de la barbarie nazie, guerre 1940-1944 », dans le cimetière communal.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 8-08-1989).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, 364 et 403. 
- G. Durou, Hommage aux fusillés de la région bordelaise, tome 2, page 1). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 271 (31748/1942). 
- Site Mémorial GenWeb, relevé de Pascale Beaudon et Joël Godin (2002).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 15-09-2010)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.