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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Ferdinand, Henri, Deperrois naît le 15 mars 1896 à Bolbec (Seine-Maritime [1] – 76), au domicile de ses parents, Achille Deperrois, 35 ans, ouvrier de fabrique, et Pauline Fouache, son épouse, 26 ans, bobineuse, demeurant au 10, rue de Tous Vents.

Considérant son âge, il devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 6, rue Léon-Gambetta, à Caudebec-lès-Elbeuf (76), situé sur la Seine en amont et au sud de Rouen.

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Caudebec-lès-Elbeuf. Entrée de la rue Léon-Gambetta 
dans les années 1900. CP collection Mémoire Vive.

Sa profession reste à préciser.

Le 21 janvier 1942, Ferdinand Deperrois est arrêté à Elbeuf [2] (76).

À une date restant à préciser, il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [3] (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Ferdinand Deperrois est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45457. Sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit

Ferdinand Deperrois meurt à Auschwitz le 19 octobre 1942, d’après les registres du camp.

Il n’y a pas eu de demande d’homologation.

Sources :

Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 377 et 401. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Basse-Normandie (2000), citant : la famille résidait à Bezons après la guerre : en octobre 1990, Monsieur Renard, Maire-adjoint, a effectué des recherches restées vaines – Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (L.A. 13228). 
- Archives départementales de la Seine-Maritime (AD 76), site internet, archives en ligne, registre des naissances de Bolbec, année 1896 (cote 4E 12941), acte n° 13 (vue 22/115). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 221 (36762/1942).

MÉMOIRE VIVE

dernière mise à jour, le 28-09-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Seine-Maritime : département dénommé “Seine-Inférieure” jusqu’en janvier 1955.

[2] L’attentat d’Elbeuf :

AVIS

Le 21 janvier dernier, à Elbeuf, des coups de feu étaient tirés sur une sentinelle de l’armée allemande qui fut grièvement blessée. À la suite de cet attentat, j’ai ordonné l’exécution des personnes qui ont commis des actes criminels contre l’armée allemande.

Der Chef des Militaerverw. Bezirkes A

Paru dans Le Journal de Rouen du 16 février 1942.

[3] Sous contrôle militaire allemand, le camp de Royallieu a d’abord été un camp de prisonniers de guerre (Frontstalag 122), puis, après l’invasion de l’URSS, un « camp de concentration permanent pour éléments ennemis actifs ». À partir de septembre 1941, on y prélève – comme dans les autres camps et prisons de zone occupée – des otages à fusiller. À partir du 12 décembre 1941, un secteur du sous-camp “C” est réservé aux Juifs destinés à être déportés à titre de représailles. Le camp des Juifs est supprimé le 6 juillet 1942, après le départ de la plupart de ses internés dans le convoi transportant les otages communistes vers Auschwitz. Les derniers détenus juifs sont transféré au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis – 93).