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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Eugène, Émile, Leduc naît le 14 mai 1899 à Reims (Marne – 51), au domicile de ses parents, Louis Leduc, 37 ans, journalier, et Angèle Lombard, 36 ans, journalière, son épouse, 31, rue des Trois-Fontaines. Undes deux témoins en mairie pour établir l’acte de naissance est François Leduc, 64 ans, fileur.

Au moment de son arrestation, Eugène Leduc est domicilié à Bologne (Haute-Marne – 52), commune au nord de Chaumont, baignée par la Marne parallèlement au canal de la Marne à la Saône ; son adresse reste à préciser.

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Bologne, le village, photographie aérienne d’après-guerre. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Il est célibataire.

Il est employé aux Pyroligneux de Bologne.

Le 18 décembre 1941, Eugène Leduc est arrêté une première fois. Relâché, il reprend son travail.

Le 26 février 1942, il est arrêté, peut-être pour avoir envoyé des colis à des camarades internés à Compiègne. D’abord conduit à la prison de Chaumont, il est ensuite transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Eugène Leduc est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Eugène Leduc est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45758, selon les listes reconstituées (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Eugène Leduc.

Il meurt à Auschwitz le 7 octobre 1942, d’après les registres du camp.

Son nom est inscrit sur le monument au morts de sa commune de résidence.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 366 et 410. 
- Club Mémoires 52, Déportés et internés de Haute-Marne, Bettancourt-la-Ferrée, avril 2005, p. 33. 
- Archives départementales de la Marne (AD 51), site internet, archives en ligne, registre des naissances de Reims, année 1899, cote 2 E 534/226, vue 271/399, acte n° 983. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 703 (34710/1942). 
- Raymond Jacquot, site internet Mémorial GenWeb, 2002.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 28-09-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.