Ernest, André, Tréseux naît le 9 juin 1906 à Rocquigny (Ardennes – 08).

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Sedan-Torcy (08) ; son adresse reste à préciser.

Ouvrier, il est secrétaire de la cellule communiste de l’usine Saint-Denis (?).

Le 19 octobre 1941, il est arrêté par la Feldgendarmerie lors d’une vague d’arrestations contre des membres présumés du Parti communiste clandestin. Avec d’autres détenus, il est conduit à la Maisond’arrêt de Charleville et enfermé dans une cellule individuelle.

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Charleville, la place Carnot au début des années 1900. 
À droite, la Maison d’arrêt. 
Carte Postale. Collection Mémoire Vive.

Le 22 octobre à l’aube, il est parmi les sept détenus – dont Julien Jurion, de Renwez – conduits à la gare pour monter dans un wagon réservé. Le jour-même à 12 heures, ils arrivent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Ernest Tréseux est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Ernest Tréseux est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46156 (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Il meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942, d’après les registres du camp.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. n° 128 du 3-06-2001).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 360 et 422. 
- P. Lecler, Le mémorial de Berthaucourt, martyrologe de la Résistance ardennaise, citant : une lettre de Jules Ruchot à Henri Manceau (11-01-1954) ; Archives départementales des Ardennes (« Cabinet du préfet, dossiers des personnes arrêtées par les autorités allemandes ») 1W42-55. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1255 (38701/1942). 
- Site du Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, moteur de recherche.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 9-04-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.