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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Ernest Neveux naît le 9 mai 1906 à Mareuil-les-Meaux (Seine-et-Marne – 77), fils de Jules Neveux, né en 1870 à Mareuil, ouvrier agricole puis manouvrier à l’usine à plâtre de M. Massiot, et de Lucie Bourdon, son épouse, née en 1880, domiciliés rue du Couplet. Ernest a deux sœurs plus âgées, Yvonne, née en 1894, Espérance, née en 1902, et un frère plus jeune, Lucien, né en 1908, tous à Mareuil.

De la classe 1926, il effectue son service militaire au 182e régiment d’artillerie à Vincennes (Seine / Val-de-Marne).

Le 15 mars 1930, à Mareuil, Ernest Neveux se marie avec Germaine Frère. Il auront un enfant, né vers 1939.

Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domicilié au 33, rue Pasteur à Mareuil-les-Meaux.

Ernest Neveux est ajusteur-outilleur.

Il adhère au parti communiste de 1936 à 1939.

Le dimanche 19 octobre 1941, il est appréhendé lors d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant contre des communistes de Seine-et-Marne, pris comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte – meules, hangars – ayant eu lieu dans le département.

Ernest Neveux est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Enregistré sous le matricule n° 1798, il est assigné au bâtiment A3, « groupe 8 » (une chambrée ?).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises.

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Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, il est enregistré à Auschwitz sous le numéro 45921 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée [1]).

Il meurt à Auschwitz le 5 octobre 1942, d’après les registres du camp [2].

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 18-05-1995).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 73, 127 et 128, 378 et 415. 
- Archives départementales de Seine-et-Marne, site internet, recensement de 1911, canton de Meaux, 10M448 1911, Mareuil-les-Meaux, vue 254/380. 
- Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys, cabinet du préfet ; arrestations collectives octobre 1941 (cote M11409) ; arrestations allemandes, secteur de Meaux, dossiers individuels M-Z (cote Sc51228). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 860 (36018/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 7-01-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Sa photographie d’immatriculation à Auschwitz a été reconnue par des rescapés lors de la séance d’identification organisée à l’Amicale d’Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletin Après Auschwitz, n°21 de mai-juin 1948).

[2] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil en France : Dans lesannées qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant d’Ernest Neveux, c’est le 1er septembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.