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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau,
Oswiecim, Pologne.
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Émile, André, Cavigioli naît le 3 septembre 1903 à Lausanne (Suisse).

Le 21 décembre 1940, sur une liste établie par le commissariat spécial d’Amiens (Somme – 80) dans la perspective de prononcer l‘internement administratif de communistes à la suite d’une distribution de tracts, son nom apparaît orthographié « Cavignoli », Italien naturalisé Français, manœuvre, domicilié rue de Corbie à Albert (Somme – 80).Le 25 octobre 1941, Émile Cavigioli, domicilé au 5, rue d’Amiens à Albert, fait partie des sept « personnes de l’arrondissement de Péronne arrêtées par l’autorité allemande » et transférées au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager). Il y est enregistré sous le matricule n° 2052.

Le 5 décembre 1941, suivant le rapport du Commissaire spécial d’Amiens, le préfet de la Somme demande au commandant de la Feldkommandantur 580 à Amiens la libération de quatre d’entre eux dont le nommé « Cavogioli Albert ».

Le 3 février 1942, le préfet demande la libération de dix-neuf détenus de son département arrêtés en octobre précédent et internés à Compiègne, précisant pour chacun d’eux : « Ne participe en aucune manière au mouvement communiste. A une attitude loyale vis-à-vis du gouvernement français et des autorités occupantes ». Émile Cavigioli est inscrit sur cette liste. Le préfet réitère cette demande le 2 avril pour neuf détenus dont Cavigioli.

Entre fin avril et fin juin 1942, celui-ci est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux
du Mémorial de Margny-les-Compiègne,
installés sur une voie de la gare de marchandise
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Émile Cavigioli est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45343 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des inaptes au travail à la suite de laquelle 146 des 45000 sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés [1]).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, 369 et 398.
- Archives départementales de la Somme (AD 80), Amiens, correspondance de la préfecture sous l’occupation (cotes 26w953, 26w831, 26w809).
- Archives départementales de l’Aisne (AD 02), Laon, dossiers du commissariat régional aux Renseignements généraux, partis politiques des départements voisins : Ardennes, Somme et Oise (cote 970w58).
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 336 (31891/1942), orthographié « Gavigioli ».

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 18-03-2015)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.