© Collection Jeannine Chalié.

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Émile Bourset naît le 7 juin 1889 à Plou (Cher – 18), fils de Jean Bourset, 39 ans, journalier, et de Catherine Duverger, 34 ans, son épouse, demeurant au lieu-dit Le Gros-Bois. Les témoins pour la déclaration du nouveau-né à l’état civil sont un instituteur et un cabaretier. Émile est le septième de neuf enfants. Il a cinq sœurs, nées à Plou au lieu-dit Le Bouchet, Marie, née le 15 janvier 1877 et décédée onze jours plus tard, Louise, née le 25 juillet 1878 et décédée à quinze mois, Marie, née le 16 février 1881, Juliette, née le 10 mars 1883, Marie Louise, née le 26 août 1884, un frère plus âgé, Auguste, Alfred, Raoul, né le 6 avril 1887 au lieu-dit le Gros-Bois, puis – après Émile -, Ernestine, née le 17 octobre 1892, et enfin Albertine, née le 1er septembre 1895 .

Le 4 octobre 1910, Émile Bourset est incorporé au 29e régiment d’infanterie comme soldat de 2e classe afin d’accomplir son service militaire. Le 13 février 1912, il passe au 86e R.I., en garnison au Puy (Haute-Loire).

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© Collection Jeannine Chalié.

Le 25 septembre suivant, il est envoyé en congé de démobilisation, titulaire d’un certificat de bonne conduite, en attendant son passage dans l’armée de réserve.

Pendant un temps, il habite à Choisy-le-Roi [1] (Seine / Val-de-Marne – 94) : en avril 1913, au 24, rue de Vitry, puis, en juillet suivant, au 18 bis, rue Rollin-Régnier (?). Entre avril 1912 et novembre 1913, son frère Raoul habite aux mêmes adresses à Choisy-le-Roi.

Rappelé à l’activité militaire par le décret de mobilisation générale du 1er août 1914, Émile Bourset rejoint le 95e R.I. deux jours plus tard (8e corps d’armée, 16e division d’infanterie, 31e brigade d’infanterie). Dès le 6 août, il part « aux armées » au sein du 2e bataillon, 7e compagnie. Le 3 février 1916, il passe au 119e R.I. Le 22 juin, il passe au 28e R.I.

Le 17 mars 1917, son frère Raoul, passé caporal au sein du 227e R.I., 6e compagnie de mitrailleuses, est tué à l’ennemi à Leskovets (Leskovacs ?), en Serbie, « en se portant en tête de sa pièce dans une zone particulièrement dangereuse pour mettre sa mitrailleuse en batterie » (le même jour, on compte 43 tués, 125 blessés et 28 disparus au sein du bataillon).

Le 12 août 1918, à Roye-sur-Matz (Oise), Émile Bourset est blessé par un éclat d’obus qui lui cause une plaie pénétrante à la cuisse gauche. Il est évacué sur l’ambulance Saint-Paul [2], où il reste deux jours. Puis il est conduit à l’hôpital 38. Le 16 août, il est transféré à l’hôpital auxiliaire 105 à Saint-Étienne. Il y est soigné jusqu’au 15 février 1919, puis bénéficie de trois mois de convalescence. Il rentre au dépôt du 28e R.I. le 16 mai suivant. Le 23 juillet, il est mis en congé illimité de démobilisation et se retire à Plou.

Le 12 octobre 1922, la 1ère commission de réforme de la Seine propose Émile Bourset pour une pension temporaire de 20% pour « cicatrice verticale de 15 cm à la cuisse gauche face externe adhérente avec hiatus aponévrotique à son extrémité inférieure et hernie musculaire. Cicatrice déprimée adhérente de la face postérieure de ce même membre. Limitation de la flexion de la cuisse sur le bassin ». En décembre 1924, la 6e commission de réforme propose une pension permanente pour : « Reliquats de plaies transfisciante du 1/3 supérieur de la cuisse gauche avec effacement du pli fessier, deux cicatrices déprimées et un peu adhérents, douleurs irradiées dans le domaine du nerf sciatique, amyotrophie 2 cm à la cuisse ». En février 1936 est encore noté : « gêne de la marche et de la station debout prolongée ». Néanmoins, selon sa fille Jeannine, Émile Bourset boîte si peu que cela se remarque à peine.

Le 26 juillet 1919 à Plou, où il est alors domicilié, Émile Bourset – a peine libéré de ses obligations militaires – se marie avec (Octavie) Jeanne Paupert, née le 8 janvier 1894 à Vauclaix (Nièvre) et domiciliée à Paris 17e. Lui travaille comme journalier, elle est déclarée sans profession. Ils se connaissaient du fait qu’elle est devenue sa marraine de guerre peu après le début du conflit. Leur correspondance, d’abord réservée et amicale, a fini par déboucher sur un sentiment amoureux, bien qu’ils ne se soient rencontrés qu’une fois Émile rendu à la vie civile.

En août 1919, le couple vit au 6, rue Thiers, à Choisy-le-Roi.

Bientôt, ils sont au 2, place Carnot à Choisy-le-Roi, où naissent leurs trois enfants : Paulette, le 21 décembre 1920 – décédée prématurément le 26 juillet 1921 à Villeneuve-sur-Cher -, Jean, né le 14 mars 1922, et Jeannine, le 13 avril 1926.

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Le couple vers 1920-1921 : avant la naissance de Jean,
selon sa fille (lieu inconnu).
© Collection Jeannine Chalié.

© Collection Jeannine Chalié.

Jeanne et ses enfants dans leur jardin
du 40, rue Raymond-Simon vers 1930-1931.
© Collection Jeannine Chalié.

 

Pendant un temps, Émile Bourset travaille comme manutentionnaire à l’usine Poulenc-frères de Vitry-sur-Seine (94). Après que l’entreprise ait fusionné avec la société chimique des usines du Rhône, le 28 juin 1928, il est licencié pour son appartenance à la CGT. Il reste au chômage un certain temps, avant de travailler avec son épouse, notamment pour une société de publicité, emploi qui les conduit à arpenter longuement les rues pour distribuer des prospectus sur les pare-brise d’automobiles.

Avant la guerre, alors qu’ils habitent encore Choisy-le-Roi, le couple fait l’acquisition d’un terrain au 40, rue des Bons-Amis, devenue rue Raymond-Simon [4], à Orly [1] (94), dans le lotissement des « Tilleuls » à la limite de Thiais, et commence la construction d’un petit pavillon. Tous les dimanches, ils viennent passer la journée dans leur petit jardin, auquel Émile se consacre avec passion : sa fille Jeannine se rappelle les bons légumes qu’il y faisait pousser. « C’était un peu notre résidence secondaire », dit-elle.

Finalement, comme blessé de guerre, Émile Bourset fait valoir ses droits à un emploi protégé. C’est ainsi qu’il devient concierge des écoles communales, homme de service, affecté à l’école des filles et à la petite maternelle qui la jouxte. En conséquence, à partir d’octobre 1936 et jusqu’au moment de de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 87, rue des écoles (devenue avenue de la Victoire) à Orly, au rez-de-chaussée du logement de fonction de l’école des filles, devenue école élémentaire Jean-Moulin.

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Orly. Entrée de l’école Jean-Moulin, ancienne école des filles.
Le logement de fonction occupé par É. Bourset correspond
aux trois fenêtres du rez-de-chaussée, à gauche du porche.
Après avoir été le siège du CISPO, ce local entièrement rénové
accueille l’École de la Deuxième Chance.
Photographie de Nelly Mathieu, petite-nièce d’Adrien Raynal.

Émile Bourset est militant du Parti communiste français. Il le reste après l’interdiction de celui-ci à la suite de la signature du pacte germano-soviétique, puis sous l’occupation. Il participe à des distribution de tracts, des collages d’affiches et/ou de papillons, assure des liaisons. Selon un témoignage ultérieur de son épouse, il est en contact avec Adrien Raynal, militant d’Orly, Louis Chevalier et Jean Woestyn [5], ex-conseillers municipaux communistes.

À la déclaration de guerre, il est mobilisé dans son emploi de concierge comme « affecté spécial ». Il reste à son poste au cours de la débâcle, évitant ainsi le pillage et la dégradation de l’école dont il a la charge.

Le 5 octobre 1940, Émile Bourset est appréhendé à son domicile par la police française lors de la grande vague d’arrestations organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par les préfets du gouvernement de Pétain contre des hommes connus avant guerre pour être des responsables communistes (élus, cadres du PC et de la CGT) ; action menée avec l’accord de l’occupant [6]. C’est un grand choc pour son épouse et ses enfants qui ignorent tout de ses activités.

Après avoir été regroupés en différents lieux, 182 militants de la Seine sont conduits le jour-même en internement administratif au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Seine-et-Oise / Val-d’Oise), créé à cette occasion dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

Conçus à l’origine pour 150 malades, les locaux sont rapidement surpeuplés : en décembre 1940, on compte 524 présents, 600 en janvier 1941, et jusqu’à 667 au début de juin.

Centre de séjour surveillé d’Aincourt. Plan de l’enceinte montrant les points d’impact après le bombardement par un avion anglais dans la nuit du 8 au 9 décembre 1940. Arch. dép. des Yvelines, (1W71).

Centre de séjour surveillé d’Aincourt. Plan de l’enceinte
montrant les points d’impact après le bombardement
par un avion anglais dans la nuit du 8 au 9 décembre 1940.
Arch. dép. des Yvelines (1W71).

Une photo reçue par sa famille au printemps 1941 montre Émile Bourset au sein d’un groupe d’hommes portant tous une blouse blanche devant l’entrée d’un bâtiment, ce qui laisse à penser qu’ils sont affectés à la blanchisserie du camp (le tas de bois étant destiné à la chaudière).

© Collection Jeannine Chalié.

© Collection Jeannine Chalié.

© Collection Jeannine Chalié.

© Collection Jeannine Chalié.

Après son arrestation, son épouse, sa fille et son fils doivent quitter le logement de fonction de l’école pour laisser la place à un concierge intérimaire. Ils sont déménagés par la municipalité et s’installent dans leur pavillon du 40, rue des Bons-Amis. Mais celui-ci, loin d’être terminé, est presque inhabitable : il n’y a ni eau, ni électricité.

Émile Bourset écrit de nombreuses lettres à Jeanne. Si celle-ci, élevée à la campagne et ayant participé très tôt aux travaux des champs, sait parfaitement s’occuper du jardin, elle a par contre besoin de conseils pour les travaux restant à effectuer dans le pavillon. Son époux lui indique ce qu’elle doit faire et qui elle doit contacter en cas de problème. Jeannine a 14 ans quand, accompagnant sa mère avec son frère, elle va rendre visite à son père. Celui-ci leur apparaît visiblement amaigri et se plaint de sa jambe blessée. Au moment de se quitter, il sert fort Jeannine dans ses bras. C’est son dernier souvenir. Elle ne le reverra pas.

Le 9 mai 1942, Émile Bourset est parmi les quinze internés remis aux “autorités d’occupation” à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Il y est enregistré sous le matricule n° 5361.

Le camp vu depuis le mirador central.  Les “politiques français” étaient dans le secteur constitué par la ligne de bâtiments de gauche (“camp communiste”)  Photo Hutin, Compiègne, carte postale. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Le camp vu depuis le mirador central.
Les “politiques français” étaient dans le secteur constitué par la ligne de bâtiments de gauche (“camp communiste”)
Photo Hutin, Compiègne, carte postale. Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Entre fin avril et fin juin 1942, Émile Bourset est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Dans un message qu’il laisse tomber du train à destination de son épouse, Louis Chevalier, ex-maire adjoint d’Orly, précise qu’il part avec Émile Bourset et Adrien Raynal, camarades d’Orly, et Albert Beaure, de Choisy-le-Roi.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Émile Bourset est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45291 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau,
Oświęcim, Pologne.
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Émile Bourset.

Il meurt à Auschwitz le 10 août 1942, d’après les registres du camp ; un mois après l’arrivée de son convoi (l’état civil français a enregistré la date du 11 août). La cause – mensongère – inscrite sur l’acte de décès établi par l’administration SS est : « dégénérescence du muscle cardiaque ».

En 1944, à une date inconnue, son épouse, Jeanne Bourset, engage auprès de la Croix-Rouge une demande de renseignement sur la situation de son mari « transporté vers un lieu de destination inconnu ». La Croix-Rouge internationale, basée à Genève, transmet la demande à la Croix-Rouge allemande le 5 octobre 1944. Cet organisme s’adresse à son tour au Bureau central de sécurité du Reich (la « Gestapo ») à Berlin. Par un formulaire daté du 9 décembre – sur lequel il suffit de rayer la mention inutile -, la police répond à la Croix-Rouge : « b) pour les raisons de police d’État, aucun renseignement ne peut être donné sur son lieu de séjour ni sur son état de santé. » On ne sait pas si cet avis a été transmis à la demandeuse.

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Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Caen.

En 1945, Jeanne Bourset adhère à la Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes (FNDIRP).

Le 22 mars 1946, la direction du Bureau national des recherches du Ministère des Anciens Combattants et Victimes de la guerre établit un certificat établissant qu’Émile Bourset « n’a pas été rapatrié à ce jour ». Le 21 septembre suivant, Raymond Saint-Lary, de Fresnes (94), remplissant un formulaire à en-tête de la FNDIRP et de l’Amicale d’Auschwitz, certifie sur l’honneur qu’Émile Bourset, déporté au camp d’Auschwitz y est décédé « en novembre 1942 ».

Le 13 octobre 1947, Émile Bourset est homologué comme « déporté politique » par la Commission départementale de contrôle des prisonniers de guerre, déportés politiques et déportés du travail de la Seine.

Le 20 février 1950, Jeanne Bourset dépose une demande d’attribution du titre de « déporté résistant ». Cette demande est rejetée le 8 juin 1951 par la Commission nationale des déportés et internés résistants au motif que « les pièces du dossier n’établissent pas la qualité de déporté résistant au sens de la loi du 6 août 1948 et du décret du 25 mars 1949 ». Après que son recours ait été débouté le 26 juillet suivant, Jeanne Bourset – ne touchant jusque là qu’une simple pension de veuve civile – se résigne à remplir une demande d’attribution du titre de « déporté politique » le 5 mars 1952, lequel ne sera accordé qu’en septembre 1955.

Émile Bourset est déclaré “Mort pour la France” (11-12-1947), “Mort en déportation” (11-04-1989).

Jeanne Bourset, longtemps domiciliée au 40, rue Raymond-Simon à Orly, décède le 9 juin 1985 à Limeil-Brévannes (94).

Son fils Jean décède le 15 novembre de la même année à Villeneuve-Saint-Georges (94).

La correspondance d’Émile et Jeanne Bourset a été retrouvée et déposée au Musée de Châteaubriant (Loire-Atlantique) ; avec demande qu’une copie de ce courrier soit envoyée au Musée de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).

Sources :

- Le nom et le matricule d’Émile Bourset figurent sur la Liste officielle n°3 des décédés des camps de concentration d’après les archives de Pologne, éditée le 26 septembre 1946 par le ministère des Anciens combattants et victimes de guerre, page 60.
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 389 et 396.
- Recherches conduites par Nelly Mathieu, petite-nièce d’Adrien Raynal, d’Orly (2007-2017) : actes d’état civil concernant plusieurs membres de la famille ; témoignage de Madame Pierrette Frobert, sœur de René Desplaces, qui a occupé le poste de concierge de l’école pendant de longues années, logé dans le même appartement de fonction.
- Témoignage et photos de Jeannine Chalié, fille d’Émile Bourset.
- Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), antenne du Service historique de la Défense, Caen.
- Musée de la Résistance nationale (MRN) Champigny-sur-Marne (94), carton “Association nationale de des familles de fusillés et massacrés”, fichier des victimes.
- Archives de la préfecture de police de Paris, carton “occupation allemande” : BA 2214 (communistes fonctionnaires internés…) : Le préfet de police au préfet de la Seine, courrier et liste du 7 octobre 1940.
- Nadia Ténine-Michel, Le camp d’Aincourt (Seine-et-Oise), 5 octobre 1940 – 15 septembre 1942, article in Les communistes français de Munich à Châteaubriant (1938-1941), sous la direction de Jean-Pierre Rioux, Antoine Prost et Jean-Pierre Azéma, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, novembre 1987.
- Archives départementales du Cher (AD 18), site internet du Conseil général, archives en ligne ; registre d’état civil de Plou, années 1888-1902 (cote 3E 5618), année 1889, acte n° 11 (vue 12/322) ; registre des matricules militaires, bureau de recrutement de Bourges, classe 1909 (cote 2R 679), matricule n° 102 (vues 184-186/928).
- Archives départementales des Yvelines (78), Montigny-le-Bretonneux, centre de séjour surveillé d’Aincourt ; cotes 1w74 (révision trimestrielle), 1w80, 1w94 (notice individuelle) ; recherches parallèles de Claude Delesque.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 124 (19431/1942).

Nelly Mathieu et MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 14-01-2017)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Choisy-le-Roi et Orly : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, ces communes font partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Ambulance désigne ici un service médico-chirurgical proche des lieux de combats où les blessés reçoivent les premiers soins.

[3] Les marraines de guerre sont des femmes ou des jeunes filles qui entretiennent une correspondance avec un soldat au front afin de le soutenir. Les contacts s’établissaient souvent par les petites annonces des journaux.

[4] La rue Raymond Simon : le 2 mars 1945, le conseil municipal d’Orly, « considérant qu’il convient de rendre un hommage tout particulier à Raymond Simon, habitant d’Orly tué par les Allemands en juin 1944, au cours d’une opération dans le maquis, à Louis Bonin, également habitant d’Orly, tué par les Allemands le 24 août 1944, au cours des opérations de la libération d’Orly, enfin au jeune Guy Moquet, fusillé par les Allemands à Châteaubriant le 22 octobre 1941, délibère, afin d’honorer la mémoire de ces trois jeunes gens et pour les citer en exemple à la postérité, leur nom sera donné à une rue d’Orly. En conséquence, à dater de ce jour, la rue des Bons-Amis s’appellera dorénavant rue Raymond Simon, la rue Paruseau s’appellera la rue Louis Bonin, enfin l’avenue de la Mairie sera dorénavant désignée avenue Guy Mocquet. »

[5] Jean Woestyn, né à Puteaux le 8 mars 1881, verrier, conseiller municipal communiste d’Orly, déchu de son mandat électif le 29 février 1940 par le conseil de préfecture de la Seine pour ne pas avoir « répudié catégoriquement toute adhésion au Parti communiste », arrêté le 2 juillet 1941, interné à la caserne des Tourelles à Paris 20e, transféré le 9 octobre au centre de séjour administratif de Rouillé (Vienne), transféré camp allemand de Royallieu à Compiègne le 9 février 1942, déporté le 24 janvier 1943 au KL Sachsenhausen, où il meurt le 19 mars suivant.

[6] Arrestations de fonctionnaires : le 7 octobre 1940, le préfet de police de Paris informe le préfet de la Seine de l’arrestation d’un certain nombre de fonctionnaires de sa circonscription, dont Émile Bourset. En principe, l’internement administratif d’un fonctionnaire entraîne automatiquement sa révocation.