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“Stains, souvenons-nous”.

Édouard Dumoulin naît le 5 juin 1902 à Doullens (Somme – 80), fils d’Alfred Dumoulin, 36 ans, domestique, et de Marie Dessinge, son épouse, 28 ans.

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Militaire, vers 1920.

Le 23 juin 1923 à Doullens, Édouard Dumoulin se marie avec Jeanne Capron, née en 1926 dans la Somme. Ils ont trois enfants : Jeanine, née le 11 novembre 1926, Jacques, né le 7 mars 1928 (Seine), et André, né le 7 octobre 1929 (Seine). Lors du recensement de 1936 et jusqu’au moment de son arrestation, la famille estdomiciliée au 12, avenue Solon (devenue avenue de la division-Leclerc) à [1] (Seine-Saint-Denis – 93).

Édouard Dumoulin est manœuvrier.

Sous l’occupation, la police française le connaît comme « propagandiste communiste, délégué syndical, considéré comme un meneur de grèves ».

Le 28 avril 1942, Édouard Dumoulin est arrêté à son domicile, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations collectives (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine, visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Il y est peut-être enregistré sous le matricule 4282.

Entre fin avril et fin juin 1942, Édouard Dumoulin est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Édouard Dumoulin est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45506 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Édouard Dumoulin.

Il meurt à Auschwitz le 3 décembre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp.

Le 1er juin 1946, Georges Brumm, de Montreuil, rescapé du convoi, signe un certificat à en-tête de la FNDIRP et de l’Amicale d’Auschwitz attestant de la mort d’Édouard Dumoulin « fin 1942 ».

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Collection Alain Dumoulin, son petit-fils. Droits réservés.

Une sépulture individuelle a été créée dans le cimetière communal de Stains (« corps restitué à la famille »… ?).

Le nom d’Édouard Dumoulin est inscrit, parmi les déportés, sur une des plaques dédiées aux Morts pour la France 1939-1945 et apposée dans la salle du Souvenir de la mairie de Stains.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 9-04-1989).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 387 et 403. 
- Archives départementales de la Somme, Amiens, site internet, archives en ligne, état civil de Doullens,année 1902 (2E 253/41, acte n° 64 – vue 222/242). 
- Louis Bordes, président du Comité local de Libération, Souvenons-nous, Stains a payé un lourd tribu au cours de la seconde guerre mondiale, service communication de la mairie, août 1981, pages 37 et 81. 
- Archives communales de Stains, registre de recensement de 1936, documents de la FNDIRP. 
- Musée de la Résistance nationale (MRN) Champigny-sur-Marne (94), carton “Association nationale des familles de fusillés et massacrés”, fichier des victimes (4197). 
- Documents transmis par Alain Dumoulin, son petit-fils. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 246 (42952/1942).

MÉMOIRE VIVE

( dernière mise à jour, le 1-01-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Stains : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).