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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Cyrille, Charles, Jacques, Chaumette naît le 4 ou le 14 janvier 1915 à Saint-Omer (Pas-de-Calais – 62).

Journalier, il travaille dans l’industrie textile.

Il adhère aux Jeunesses communistes au début des années trente et devient secrétaire de la section des JC de sa ville natale en 1934.

Il joue un rôle actif dans les grèves des filatures audomaroises de 1936 et est placé à la tête du syndicat réunifié du Textile de Saint-Omer, fonction qu’il conserve jusqu’en 1939.

À une date restant à préciser, Cyrille Chaumette se marie avec Jeanne, née le 28 juillet 1921.

Sous l’occupation, Saint-Omer – comme tout le département du Pas-de-Calais – est sous l’autorité ducommandement militaire allemand de Bruxelles (MBB).

Le 5 février 1941, suspecté d’activité clandestine, Cyrille Chaumette est arrêté par la Feldgendarmerie àson domicile – ainsi que Jeanne, son épouse – et interné à la prison de Saint-Omer.

À une date restant à préciser, il est « expulsé du Pas-de-Calais et hébergé (sic) au centre Jules-Ferry » à Troyes (Aube – 10) avec son épouse. Il s’agit en fait d’un centre d’internement installé dans une école et géré par l’administration française sous le strict contrôle de l’occupant, et dans lequel se trouvent notamment des ressortissants Britanniques, des Polonais et des Belges (réfugiés ?). En avril probablement, Cyrille Chaumette – comme beaucoup de « refoulés » – fait une demande de rapatriement. Celle-ci est refusée par l’Oberfeldkommandantur de Lille. Dans le courrier l’informant de ce refus, le préfet de l’Aube est avisé « à titre documentaire pour la police spéciale » que l’intéressé « est signalé comme un des éléments turbulent de l’arrondissement de Saint-Omer » qui « aurait déjà fait l’objet de plusieurs condamnations ».

Le 4 juillet, conformément aux instructions (?) du commandant de la Feldkommandantur 531 (Troyes), le Préfet de l’Aube fait arrêter Cyrille Chaumette dans le centre Jules-Ferry et conduire à la prison de Troyes (secteur allemand). Considéré comme « communiste notoire », il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Le 17 juillet, Jeanne Chaumette, enceinte, fait une demande de rapatriement chez ses parents à Saint-Omer – renouvelée le 27 septembre – qui lui est refusée par les autorités allemandes. Mais elle est autorisée à quitter le centre Jules-Ferry pour habiter en ville. Le 22 décembre 1941, elle est admise à la maternité de l’Hôtel-Dieu de Troyes où elle accouche le jour même d’une fille, Ginette. Le 20 janvier 1942, elle retourne dans le Pas-de-Calais avec sa fille après en avoir reçu l’autorisation par l’Oberfeldkommandant de Lille.

Entre fin avril et fin juin 1942, Cyrille Chaumette est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Cyrille Chaumette est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45360, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20. Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés aux travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – Cyrille Chaumette est dans la moitié des membres du convoi qui est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir.

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Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le « camp souche ». 
« Arbeit macht frei » : « Le travail rend libre » 
Carte postale. Collection mémoire Vive.

En juillet 1943, la plupart des détenus “politiques” français d’Auschwitz (essentiellement des “45000”) reçoivent l’autorisation d’écrire – en allemand et sous la censure – à leur famille et d’annoncer qu’ils peuvent recevoir des colis (à vérifier le concernant…).

À la mi-août 1943, Cyrille Chaumette est parmi les “politiques” français rassemblés (entre 120 et 140) aupremier étage du Block 11, la prison du camp, pour une “quarantaine”. Exemptés de travail et d’appel extérieur, les “45000” sont témoins indirects des exécutions massives de résistants, d’otages polonais et tchèques et de détenus du camp au fond de la cour fermée séparant les Blocks 10 et 11.

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Auschwitz-I. La cour séparant le Block 10 – où se pratiquaient 
les expérimentations “médicales” sur les femmes détenues – 
et le Block 11, à droite, la prison du camp, avec le 1er étage 
de la “quarantaine”. Au fond, le mur des fusillés. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 12 décembre 1943, à la suite de la visite d’inspection du nouveau commandant du camp, le SS-Obersturmbannführer Arthur Liebehenschel, – qui découvre leur présence – et après quatre mois de ce régime qui leur a permis de retrouver quelques forces, ils sont pour la plupart renvoyés dans leurs Blockset Kommandos d’origine.

Affecté au Kommando des installeurs, avec Clément Coudert et Henri Marti, les trois hommes sont amenés à travailler dans le secteur des crématoires de Birkenau (Krematorium IV ou Krematorium V), y creusant le sol pour poser des canalisations d’eau. Un Juif parisien du Sonderkommando leur ouvre les portes d’une chambre à gaz qui vient de remplir son office afin qu’ils puissent témoigner du génocide (femmes et enfants).

Le 3 août 1944, Cyrille Chaumette est parmi les trois-quarts des “45000” présents à Auschwitz qui sont de nouveau placés en “quarantaine” en préalable à un transfert.

Le 7 septembre 1944 , il est dans le petit groupe de trente “45000” transférés – dans un wagon de voyageurs ! – au KL [1] Gross-Rosen, dans la région de Wroclaw. Il y est enregistré sous le matricule 40986.

En février 1945, le camp est évacué devant l’avancée du front soviétique. Avec quatorze autres “45000”, Cyrille Chaumette fait partie des détenus évacués vers le complexe concentrationnaire de Dora-Mittelbau (matr. 116861). Il est affecté au sous-camp de Dora-Rottleberode.

Il est tué le 13 avril 1945, lors de l’évacuation d’une partie des détenus de ce camp vers Hanovre, fusillé alors qu’il tentait de s’évader.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 14-11-1987).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 84, 209 et 210, 285 et 286-289, 290, 350 à 352, 365 et 396 ; Mille otages pour Auschwitz, éd. Graphein, Paris nov. 2000, page 450. 
- Yves Le Maner, notice in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron, Editions de l’Atelier/Editions Ouvrières, CD-rom, version 1990-1997, citant : Arch. Dép. Pas-de-Calais, M 5 142 – Jean-Marie Fossier, op. cit. ? – État-civil de Saint-Omer. 
- Archives départementales de l’Aube, cotes 310W052, 310W016-301, 310W202-410/426 (site internet). 
- Ady Brille, Les techniciens de la mort, les éditions de la FNDIRP, Paris 1976, 1ère partie, La formation des tueurs, page 37.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 6-11-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] KL  : abréviation de Konzentrationslager (camp de concentration). Certains historiens utilise l’abréviation “KZ”.