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Constance, dite la « Mère Mie » RAPPENAU – 31754

Constance RAPPENEAU dite la “Mère My”est née le 3 janvier 1879 à Domecy-sur-Cure (Yonne).

Elle part très jeune à Paris y tient plusieurs fond de commerce,

Elle acquière un nouveau fond à Paris, “L’Aquarium Bar” (“Chez My”), 121, boulevard Sérurier, dans le 19e.

Une militante antifasciste

Avant-guerre, le député communiste de l’arrondissement Grésa et le conseiller municipal communiste Magnaval y tiennent leurs permanences. Les “Amis de l’URSS” y organisent leurs réunions.

Son ex-mari, engagé dans les brigades internationales pendant la Guerre d’Espagne, est un ami personnel de Jules Dumont, commandant du bataillon Commune de Paris en Espagne et qui deviendra l’un des chefs de l’Organisation spéciale* (O.S.).

La Résistance

En 1941, Pierre Georges (le colonel Fabien), Jules Dumont et d’autres résistants communistes prennent leurs repas – sans tickets de ravitaillement – chez Constance.

L’action de Nantes

Au début du mois de novembre, Gilbert Brulstein, “en cavale” après l’attentat du 20 octobre contre le lieutenant-colonel Karl Holtz, Feldkommandant de Nantes, et “planqué” par le colonel Dumont dans le “laboratoire” de l‘O.S. situé à proximité, dans les “HBM” du 5, avenue Debidour, vient aussi y manger.

Très rapidement, il est reconnu par un agent de police du commissariat de quartier des Lilas (où est affiché un avis de recherche) prenant régulièrement son déjeuner dans l’établissement. Rentré au commissariat, l’agent alerte son chef, lequel téléphone à son tour au commissaire David, de la Brigade spéciale des Renseignements généraux.

Un dispositif de surveillance et de filature est alors mis en place à l’intérieur et à l’extérieur du restaurant.

Le 19 novembre, à l’initiative probablement de la police judiciaire qui mène sa propre enquête, la presse diffuse largement un nouvel avis de recherche avec la photo de Brulstein : celui-ci disparaît aussitôt. Mais la surveillance est maintenue, car il est évident que le lieu est fréquenté par des membres de son réseau. Un coup de filet est prévu pour le 29 de ce mois, mais, quelques jours avant cette date, deux “fileurs” se font repérer.

La décision est prise d’agir immédiatement et, dans l’après-midi du 25 novembre, les dix-huit personnes présentes dans le restaurant sont arrêtées ; neuf seront relâchées. Des responsables importants – Dumont, Fabien, Miret-Muste et France Bloch – échappent à cette rafle, mais le laboratoire de l’O.S. est découvert, avec une grande quantité de matériel explosif, d’armes et de munitions.

Parmi les hommes arrêtés et faisant partie du réseau, le mari de la gardienne du 5 avenue Debidour. Il parle et désigne également dans la cave de l’immeuble des cachettes recelant de nombreux documents dont certains contiennent des adresses…

Le lien avec les fusillés de Chateaubriant

20 octobre 1941 – L’officier allemand Holtz est abattu par des résistants, à Nantes.

Le 20 octobre 1941, près de la cathédrale de Nantes, deux jeunes Parisiens, Gilbert Brustlein et Guisco Spartaco, rencontrent sur leur chemin deux officiers allemands, le lieutenant Holtz et le médecin-capitaine Sieger. Ils leur emboîtent le pas. Au moment de tirer, l’arme de Spartaco s’enraye, mais le revolver de Brustlein atteint Holtz qui s’effondre.

La réaction de l’occupant nazi est immédiate : à Châteaubriant, une commune située à environ 70 km de Nantes, des troupes allemandes viennent renforcer la gendarmerie française qui assure la garde du camp de Choisel. Un officier allemand se présente au camp pour y consulter la liste des prisonniers. La majorité d’entre eux sont des détenus politiques arrêtés par le gouvernement du maréchal Pétain.

21 octobre 1941 – Les nazis annoncent l’exécution de cinquante « otages », en représailles de la mort de l’officier allemand Holtz.

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Un rassemblement à l’intérieur du camp. Source : Amicale de Châteaubriant – Voves-Rouillé

Le lien avec l’affaire Pican-Cadras

Grâce à celles-ci, Antoine Émorine, responsable du PCF clandestin encadrant la région Sud-Ouest est arrêté le 9 décembre, et livre des informations à son tour… Conduisant à l’affaire Pican-Cadras et Politzer.

De la Santé à Romainville

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Constance RAPPENAU à la Préfecture de police

De son côté, Constance Rappeneau est emprisonnée à la Maison d’arrêt de la Santé. D’abord condamnée à deux ans de prison, elle acquittée en appel le 4 septembre 1942. Mais, le 22 octobre, elle est internée au Fort de Romainville, camp allemand (élément du Frontstalag 122).

Le 23 janvier 1943, elle fait partie des femmes transférées au camp de Royallieu à Compiègne en préalable à leur déportation comme otages. Le lendemain 24 janvier, elle est parmi les 230 femmes déportées vers le camp d’Auschwitz-Birkenau.

Auschwitz N° 31754

Le 10 février 1943, elle est prise à la “course (elle a soixante-quatre ans). Elle est morte au Block 25 du camp des femmes de Birkenau.

Son fils a reçu un avis de décès d’Auschwitz : « Morte le 17 février 1943 d’une maladie de foie ».

Le nom de Constance Rappeneau est inscrit sur le monument dédié aux enfants de Domecy-sur-Cure morts pour la France.

Sources :

- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1965, pages 37 et 38, 244 et 245 (réédition 1998).
- Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Le sang des communistes, Les Bataillons de la Jeunesse dans la lutte armée, Automne 1941, Nouvelles études contemporaines, Fayard, Paris 2004, p.142, et suivantes, 339.
- Message de Boris Dänzer-Kantof, historien travaillant depuis plus de dix ans sur la résistance communiste parisienne, et plus précisément sur les groupes de jeunes des jeunesses communistes autour de Pierre Georges (Fabien) et Gilbert Brustlein (les attentats à Paris durant l’été et l’autome 1941).
- Message de Jean-Luc van-Dorpe (6-2008) : acte de naissance, photos du Monument aux Morts de Domecy-sur-Cure.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 29-06-2008)

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