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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Charles Hadjadje naît le 10 août 1913 à Alger (Algérie).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 20, rue Mathieu à Saint-Ouen [1] (Seine-Saint-Denis – 93). Marié, il a un enfant.

Charles Hadjadje est employé des Postes.

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Saint-Ouen. L’hôtel des Postes et l’avenue des Batignolles. 
Carte postale non datée (années 1920 ?). Coll. M. Vive.

À une date restant à préciser, Charles Hadjadje est arrêté comme « propagandiste communiste ».

Le 26 janvier 1942, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif. À cet occasion, il est noté : « A adressé un télégramme de protestation au directeur du camp de la caserne des Tourelles dans lequel il s’élève contre les mesures frappant, non seulement sa sœur internée, mais toutes les détenues politiques. » Auparavant – le 19 septembre 1941 – le préfet de police de Paris a signé l’arrêté ordonnant l’internement administratif de Lucienne Decaster [2], née Hadjadje le 17 octobre 1915 àAlger (domiciliée au 13, rue Letort à Paris 18e), considérée comme une « militante particulièrement active de l’ex-Parti communiste » et condamnée le 26 juin 1941 à six mois d’emprisonnement par la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine (décision dont elle fait appel). En mai 1942, la section spéciale de la Cour d’appel de Paris la condamne à deux ans de prison. On peut penser qu’il s’agit de la sœur de Charles Hadjadje (à vérifier…).

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La caserne des Tourelles, boulevard Mortier, avant guerre. 
Partagée avec l’armée d’occupation, elle servit surtout, 
au début, à interner les « indésirables étrangers ». 
Carte postale, collection Mémoire Vive.

Charles Hadjadje fait partie de la quarantaine de militants communistes devant être transférés le 10 février 1942 au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Val-d’Oise – 95), créé dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt. Mais, le 7 février, le préfet de Seine-et-Oise répond par un télégramme : «  Eu égard à évacuation imminente Aincourt et décision principe antérieurement prise, ai honneur vous rendre compte complète impossibilité transfert quarante nouveaux internés provenance Paris. ». Néanmoins, le groupe intègre le camp, puisque…

Le 26 avril, Charles Hadjadje est parmi les 77 détenus transférés au camp français (CSS) de Voves (Eure-et-Loir – 28). Enregistré sous le matricule n° 231 et inscrit comme « indigène » (sic !), il ne reste quequinze jours dans ce camp.

Le 10 mai 1942, il fait partie des 81 internés remis aux “autorités d’occupation” à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par laWehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Charles Hadjadje est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Charles Hadjadje est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46282 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172). Selon les listes reconstituées, il est considéré comme Juif.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Charles Hadjadje.

Il meurt à Auschwitz le 27 juillet 1942, d’après les registres du camp ; trois semaines après l’arrivée du convoi.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 4-01-1994).

À Saint-Ouen, son nom est inscrit sur la stèle érigée en « Hommage aux résistants, femmes, hommes, déportés à Auschwitz-Birkenau ».

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Le monument dédié aux dix-sept “45000” de Saint-Ouen 
et à Marie-Jeanne Bauer, “31000”, inauguré le 24 avril 2005 
dans le square des 45000 et des 31000.
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Le Mémorial de la Shoah, au 17 rue Geoffroy-l’Asnier à Paris 4e. 
À gauche, panneau du Mur des noms pour les déportés 
de l’année 1942 avec les « noms modifiés et identifiés 
depuis l’achèvement du mur
 » (janvier 2005). 
De nombreux otages juifs du convoi du 6 juillet 1942 
y ont été ajoutés ensuite… Photo Mémoire Vive.
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Inscrit sur le Mur des noms…

Sources :

- Son nom (orthographié « HADJADIE Karl ») et son matricule (avec une erreur : « 46280 ») figurent sur la Liste officielle n°3 des décédés des camps de concentration d’après les archives de Pologne, éditée le 26 septembre 1946 par le ministère des anciens combattants et victimes de guerre, page 60. 
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 386 et 407. 
- Archives de Paris, archives du tribunal correctionnel de la Seine, rôle du greffe du 5 juin au 22 septembre 1941, cote D1u6-5857. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “Occupation allemande” : BA 2397 (liste des internés communistes, 1939-1941) ; BA 2374. 
- Archives départementales des Yvelines (AD 78), Montigny-le-Bretonneux, centre de séjour surveillé d’Aincourt ; cotes 1W76, 300w46. 
- Comité du souvenir du camp de Voves, liste établie à partir des registres du camp conservés aux Archives départementales d’Eure-et-Loir. 
- Concernant Lucienne Decaster, site internet de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 13-11-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Saint-Ouen : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Lucienne Decaster (ou Verger) née le 17 octobre 1915 à Alger, de nationalité belge (probablement par son mariage), est déportée dans un convoi de 959 femmes le 31 janvier 1944 depuis Compiègne à Ravensbrück, où elle reçoit le numéro d’immatriculation 27105 ; elle est libérée le 5 mai 1945 à Holleischen, un Kommando du camp de concentration de Flossenbürg.