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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Augustin, Célestin, Mahillon naît le 9 décembre 1902 à Audun-le-Tiche (Moselle – 57).

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Bréhain-la-Ville, à 5 km de Villerupt (Meurthe-et-Moselle – 54) ; son adresse reste à préciser. Il est marié et père de quatre enfants dont Claude, né le 4 août 1940.

Il est électricien dans l’usine (laquelle ?) de cette ville.

On ignore ses activités politiques ou syndicales antérieures à 1939.

Selon une attestation du Front national [1], il est actif dans la Résistance à partir du 15 mars 1941 et « dénoncé pour cette raison ».

Le 10 août 1941, Augustin Mahillon est arrêté à Bréhain par des gendarmes français de Villerupt. À une date restant à préciser, il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager) ; enregistré sous le matricule n° 1530, il est assigné au bâtiment A 4.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Augustin Mahillon est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45812, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

On ignore la date exacte de sa mort à Auschwitz ; probablement avant la mi-mars 1943 [2]. Le détenu portant le matricule 45812 est porté sur le registre de la morgue d’Auschwitz-I le 18 novembre 1942 (n°1).

Une plaque commémorative porte son nom au four crématoire de Thill, monument du Souvenir.

Augustin Mahillon est homologué comme “Déporté politique”. La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. 16-07-1994).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 367 et 412. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice biographique, citant : Témoignage de Monsieur Pilarczyk, FNDIRP, juin 1989 – Questionnaire rempli par son fils Claude, le 3 juillet 1989 – Archives du secrétariat d’État aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre ; recherches de juillet 1992 – Archives de Behain-la-Ville ; communication de 1989. 
- Registre de la morgue (Leichenhalle), Archives du Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, bureau d’information sur les anciens prisonniers.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 3-04-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France : mouvement de Résistance constitué en mai 1941 à l’initiative du PCF clandestin (sans aucun lien avec l’organisation politique créée en 1972, dite “FN” et toujours existante).

[2] Concernant la différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil :

Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant d’Augustin Mahillon, c’est le 15 septembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.