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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Auguste, Lucien, Léon, Dardenne naît le 26 juin 1905 à Pouru-Saint-Rémy (Ardennes – 08), fils de Mathins Dardenne et Marie Fumel.

Il est marié avec Julia, Victorine, Lagaye. Ils n’ont pas d’enfant.

Pendant un temps, ils habitent au 14, rue des Pruniers à Drancy [1] (Seine-Saint-Denis – 93).

À partir du 29 avril 1935, Auguste Dardenne travaille comme manœuvre pour la société Les Jambons Français, size 8 rue de Pantin au Pré-Saint-Gervais [1].

Selon une rapport de police ultérieur (21-07-1947), il est « membre de la cellule communiste de Pantin ou d’une banlieue environnante » (sic).

Entre septembre 1939 et juin 1940, il est mobilisé dans une unité combattante.

Du 15 octobre 1940 jusqu’au moment de son arrestation, Auguste Dardenne est domicilié au 26, rue François-Arago à Pantin [1] (93).

Le 19 janvier 1942, les autorités allemandes transmettent une demande d’enquête le concernant aux services de la préfecture de police. À cette époque, les renseignements recueillis par la police française ne lui permettent pas d’affirmer « qu’il ait jamais appartenu à l’ex-parti communiste » et rien n’a jamais donné l’impression qu’il se livre à la propagande communiste.

Le 28 avril suivant, Auguste Dardenne est arrêté sur son lieu de travail par la police allemande avec quatre autres camarades.

il est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Son épouse obtient le droit de lui rendre au moins une visite au camp.

Entre fin avril et fin juin 1942, Auguste Dardenne  est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Auguste Dardenne est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45423, selon les listes reconstituées (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Auguste Dardenne.

Il meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des “inaptes au travail” à la suite de laquelle 146 des “45000” sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés [2]).

Sa famille effectue une demande d’informations transmise aux services de François de Brinon, délégué général du gouvernement français dans les territoires occupés. Le 16 janvier 1943, ceux-ci adressent au préfet de police une demande de renseignements sur les circonstances de l’arrestation d’Auguste Dardenne. Dans leur réponse du 11 mars suivant, les services du préfet répondent que si la date est connue, le motif est alors ignoré de la police française.

En avril 1947, sa mère formule une demande de pension de victime civile de la guerre « du chef de son fils ». Elle habite alors au 31, rue Roger-Breton (anciennement rue Charmente) avec sa fille, mère de huit enfants, et son gendre.

Le 4 juin, sa veuve, Julia, formule la même demande.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son l’acte de décès d’Auguste Dardenne (J.O. du 1-03-1988).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, 385 et 400.
- Archives de la préfecture de police (Seine), site du Pré-Saint-Gervais ;  ; cabinet du préfet de police, dossier individuel (1w0736).
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 214 (31457/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 29-03-2015)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Pantin : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.