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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oswiecim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

André, Pierre, Émile, Forget naît le 4 juillet 1893 à Redon (Ille-et-Vilaine – 35), fils d’Édouard Forget, 43 ans, forgeron, et d’Émilie Bertru, son épouse, 31 ans, domiciliés rue des Douves.

Considérant son âge, André Gorget devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918 (à vérifier…).

En 1919, il habite au 3, rue du Ballet à Nantes (Loire-Atlantique [1] – 44).

Le 22 mai 1920 à Nantes, il épouse Marie Cosson.

En 1936, il y vit seul avec son fils, René, né en 1926. Il travaille alors comme menuisier-ébéniste chez Jarnais.

Le 4 septembre 1937 à Nantes, il se marie avec Joséphine Damand (ou Daniand).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 15, rue d’Alger à Nantes, une rue parallèle au bras de la Madeleine, près du pont transbordeur.

C’est un militant : au sein de la CGTU, il est responsable du syndicat unitaire du Bâtiment et secrétaire de l’Union locale de 1923 à 1927 ; puis secrétaire du syndicat unitaire de l’Ameublement en 1928 et trésorier de la 15e région de la CGTU entre 1926 et 1928 et trésorier de la fédération unitaire.

En même temps, il est l’un des principaux responsables du Parti communiste à Nantes.

Après la réunification de la CGT, en 1936, il est secrétaire du syndicat CGT du Bâtiment de Nantes, de l’intersyndicale du Bâtiment et secrétaire régional à plein temps du bâtiment. Il est aussi Conseiller prud’homme (2e catégorie de la section industrie) jusqu’au 13 février 1940, date à laquelle il est déchu pour raisons politiques.

Le 23 juin 1941, il est arrêté par les Allemands [2] et torturé (?). Il figure en première place sur une liste de trente « Funktionaere » (“permanents” ou “cadres”) communistes établie par la police allemande. Avec une vingtaine d’hommes arrêtés dans l’agglomération de Nantes, il est conduit au « camp du Champ de Mars » (s’agit-il de la salle des fêtes, également dénommée « Palais du Champ de Mars » ? à vérifier…).

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Nantes. La salle des fêtes du Champ de Mars. 
Est-ce l’endroit où ont été rassemblés les militants 
arrêtés en juillet 1942 ? 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 12 juillet, André Forget est parmi les vingt-quatre communistes (dont les dix futurs “45000” de Loire-Atlantique) transférés, avec sept Russes (juifs), au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942,André Forget est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, André Forget est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45551 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz, le 18 novembre 1942, d’après les registres du camp.

Sur les dix “45000” de Loire-Atlantique, il n’y eut que deux rescapés : Eugène Charles, de Nantes, etGustave Raballand, de Rezé.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 365 et 404. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Bretagne (2002), citant : témoignages de Gustave Raballand et d’Eugène Charles, de Nantes.. 
- Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron, tome 28, page 128, notice de Cl. Geslin, citant : Arch. Dales 14 614/332/2337/2338” – Le Travailleur de l’Ouest1939 – Le Réveil Syndical 1938 – Clarté 1946. 
- Archives départementales de l’Ille-et-Vilaine, site internet, archives en ligne, état civil de Redon, registre des naissances de l’année 1893, acte n°86 (cote 10 NUM 35236 692, vue 16/30). 
- Archives municipales de Nantes, site internet : listes électorales 1934-1945 (Drev-Galand, v. 141), recensement de 1936, canton 1 (2 v. 168).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 11-06-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Loire-Atlantique : département dénommé “Loire-Inférieure” jusqu’en mars 1957.

[2] L’ “Aktion Theoderich :

L’attaque de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, se fait au nom de la lutte contre le “judéo-bolchevisme”. Dès mai 1941, une directive du Haut-commandement de la Wehrmacht pour la “conduite des troupes” sur le front de l’Est définit le bolchevisme comme « l’ennemi mortel de la nation national-socialiste allemande. C’est contre cette idéologie destructrice et contre ses adeptes que l’Allemagne engage la guerre. Ce combat exige des mesures énergiques et impitoyables contre les agitateurs bolcheviks, les francs-tireurs, les saboteurs et les Juifs, et l’élimination allemande de toute résistance active ou passive. » Hitler est résolu à écraser par la terreur – à l’Ouest comme à l’Est – toute opposition qui viendrait entraver son effort de guerre. Le jour même de l’attaque contre l’Union soviétique, des mesures préventives sont prises dans les pays occupés contre les militants communistes – perquisitions à leur domicile et arrestations – et des ordres sont donnés pour punir avec la plus extrême sévérité toute manifestation d’hostilité à la puissance occupante.

En France, dans la zone occupée, au cours d’une opération désignée sous le nom de code d’Aktion Theoderich, plus de mille communistes sont arrêtés par les forces allemandes et la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne, créé à cette occasion pour la détention des «  ennemis actifs du Reich » sous l’administration de la Wehrmacht.

Au total, 1300 hommes y seront internés à la suite de cette action. Fin août, 200 d’entre eux font déjà partie de ceux qui seront déportés dans le convoi du 6 juillet 1942.