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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

André, Maurice, Camille, Flageollet naît le 22 août 1906 à Remiremont (Vosges – 88).

Forain à Remiremont, il milite à la CGT.

À une date restant à préciser, il se marie avec Françoise Dimeglio, née le 5 février 1907 à Djebel-Kouif (Constantine, Algérie), dactylographe. en mai 1938, elle travaille dans une usine d’impression à Épinal. Ils forment un couple de militants.

Françoise adhère au Parti communiste en 1935 et devient secrétaire d’une cellule. André Flageollet sera membre du comité départemental des Vosges du PCF.

Désigné comme permanent syndical, André Flageollet dirige le journal de l’Union départementale des Vosges, Les Vosges ouvrières, du 1er mai 1937 au 2 juin 1939, date à laquelle l’U.D. doit supprimer ce poste de permanent pour des raisons financières (la direction du journal est alors confiée à Roger Mayaux).

Françoise est secrétaire du Secours populaire pour le département des Vosges de 1936 à 1939. Au cours de cette période, elle lance de nombreux appels et souscriptions en faveur de l’Espagne républicaine, et s’efforce d’aider les réfugiés espagnols dans les Vosges. Elle siège au comité départemental de Front populaire. Elle assiste André pour la réalisation des Vosges ouvrières.

Au moment de son arrestation, André Flageollet est domicilié à Épinal (88) ; à vérifier…

À des dates et pour un motif restant à préciser, il est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, André Flageollet est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, André Flageollet est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45543 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20. Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés aux travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – André Flageollet est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale” (contexte plus meurtrier).

Le 2 novembre 1942, il est inscrit comme malade dans la chambre (Stube) n°5 du Revier où il reçoit uneampoule de strychnine (indication médicale à vérifier…). Il s’y trouve encore quatre jours plus tard pour recevoir 12 gouttes d’anisine et 40 gouttes de valériane.

On ignore la date de la mort d’André Flageollet à Birkenau ; très probablement avant la mi-mars 1943.

Après l’arrestation de son mari, Françoise part pour la capitale. Elle participe activement à la libération du 13e arrondissement de Paris, devient une dirigeante communiste de cet arrondissement, puis est élue conseillère municipale de Paris en 1945. Elle sera un temps secrétaire d’André Marty.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 380 et 404. 
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, liste page 519. 
- Roger Martin et Claude Pennetier, Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, site du Maitron en ligne, Université Paris-1 ; remerciements à O. Jacquot (message 09-2012). 
- Archives du Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau (APMAB), Oświęcim, Pologne, Bureau d’informationsur les anciens prisonniers (Biuro Informacji o Byłych Więźniach) ; copies de pages (p.10) d’un registre de délivrance de médicaments aux détenus du Revier de Birkenau.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 27-02-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.