Alexandre, Louis, Varoteaux naît le 7 mars 1905 à Cuirieux (Aisne – 02), fils de Louis Varoteux et de Marie Collier.

À une date restant à préciser, Alexandre Varoteaux se marie avec Fernande Proust. Ils auront huit enfants, nés entre 1928 et le… 9 mai 1942.

Au moment de l’arrestation du chef de famille, celle-ci est domiciliée au 102, boulevard Davout à Paris 20e (75).

Alexandre Varoteaux est employé du métro à la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP – ancêtre de la RATP), chef de station à Gambetta.

C’est un militant communiste.

Le 28 avril 1942, Alexandre Varoteaux est arrêté sur son lieu de travail, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par laWehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Alexandre Varoteaux y est enregistré sous le matricule n° 1232.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Alexandre Varoteaux est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46177 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

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Portail du sous-camp de Birkenau, secteur B-Ia, semblable 
à celui du secteur B-Ib par lequel sont passés tous les “45000”.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire – à la suite duquel Alexandre Varoteaux est déclaré comme « cheminot » (Eisenbahner) -, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après les cinq premiers jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – Alexandre Varoteaux est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale” (contexte plus meurtrier).

Le 1er novembre 1942, dans la chambrée (Stube) n° 5 de l’infirmerie (Revier), il reçoit deux ampoules d’un médicament, le Cardiazol (?). Le 27 novembre, il reçoit 2 comprimés d’aspirine. Le 8 décembre, son nom y est encore inscrit sur un registre.

Alexandre Varoteaux meurt à Birkenau le 26 janvier 1943, d’après l’acte de décès du camp, qui indiquepour cause – très probablement mensongère – de sa mort « pleuropneumonie ».

Après-guerre, Georges Gallot, rescapé du convoi, semble avoir attesté de sa disparition (à vérifier…).

En 1957, suite aux démarches de sa veuve, Alexandre Varoteaux se voit attribuer le titre de déporté politique.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 8-07-2001).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 374 et 422. 
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, liste page 531. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (liste partielle du convoi établie par le Musée d’Auschwitz) – Témoignage de Georges Gallot (1973) – Mairie de Cuirieux – Mairie d’Ebouleau (02) où habitent des parents possibles (5-10-1993). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Acte de décès à Auschwitz (3956/1943) et registre de délivrance de médicaments de l’infirmerie de Birkenau, Archives du Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau (Archiwum Państwowego Muzeum Auschwitz-Birkenau – APMAB), Oświęcim, Pologne ; Bureau d’information sur les anciens prisonniers (Biuro Informacji o Byłych Więźniach) ; document complémentaire transmis par André Nouvian. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1273. 
- Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen, dossier d’Alexandre Varoteaux, cote à préciser, recherches de Thomas Fontaine (message 09-2013). 
- Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne, Bureau d’information sur les anciens prisonniers (Biuro Informacji o Byłych Więźniach) ; copie de l’acte de décès du camp.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le16-10-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.