Alain, Jacques, Le Lay naît le 22 septembre 1909 à Plobannalec (Lesconil, Finistère – 29), fils de Jacques Le Lay et de Marie Anne Larnicol (trois nommés Larnicol, tués en 1914-1918, sont inscrits sur le Monument aux morts de Plobannalec-Lesconil…).

Habitant au 12, rue Laënnec à Concarneau (29), Alain Le Lay est célibataire.

Alors qu’il est élève-maître à l’École Normale de Quimper, il en est exclu pour avoir participé à une grève contre la préparation militaire. Il travaille alors comme employé de mairie où il devient, en 1936, secrétaire de l’Office juridique de renseignements gratuits.

Militant communiste, Alain Le Lay est secrétaire de la Région bretonne Finistère-Morbihan de 1934 à septembre 1939. Entre 1936 et septembre 1939, il est également secrétaire de la section du Parti communiste de Concarneau-ville.

Après sa démobilisation, il joue un rôle important dans la Résistance : contacté par Robert Ballanger, il réorganise le Parti communiste dans toute la Bretagne. Il est en liaison avec Paris par l’intermédiaire de Venise Gosnat dont le nom de guerre est “Père Georges”. Il anime l’Organisation spéciale, puis le Front national [1] de la région.

Le 11 juin 1941 [2], Alain Le Lay est arrêté à Auray (29), à la même date que Victor Louarn et Esprit Jourdain, tous trois étant liés par la même activité militante. Il est conduit à la prison de Brest (Le Bouguen), puis transféré le 30 avril 1942 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Alain Le Lay est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Alain Le Lay est enregistré à Auschwitz ; peut-être sous le numéro 45776, ou le 46246, selon les listes reconstituées (les photos des détenus portant ces matricules n’ont pas été retrouvées).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20. Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés aux travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après les cinq premiers jours passés par tous les “45000” à Birkenau – Alain Le Lay est dans la moitié du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “Solution finale” (contexte plus meurtrier).

Il meurt d’épuisement à Birkenau le 4 octobre 1942, d’après les registres du camp.

Après la guerre, à une date restant à préciser, le Conseil municipal de Concarneau donne son nom à une avenue de la ville.

Son nom est inscrit sur le Monument aux morts de Concarneau, dans le cimetière communal.

Alain Le Lay est déclaré “Mort en déportation” (JORF n° 0198 du 27 août 2013).

Son père, Jacques Le Lay, communiste également et membre de la CGTU, était aussi un résistant.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 364 et 410. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Bretagne (2002), citant : Eugène Kerbaul, Résistant, interné à Châteaubriant et Voves d’où il s’est évadé, auteur d’un Dictionnaire biographique des militants ouvriers du Finistère, 1918-1945 (1640 hommes et femmes). 
- Site Mémorial GenWeb, 29 – Finistère, Concarneau, relevé d’Alain Guivarc’h (01-2003).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 28-10-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Front national de lutte pour l’indépendance de la France , constitué en mai 1941 à l’initiative du PCF.

[2] Arrestation le 11 juin 1941… à vérifier !

Article paru dans L’Humanité du 18 octobre 2003 : « (Pierre Guéguin) démobilisé le 31 juillet de la même année, est arrêté, le 2 juillet 1941, par les gendarmes de Concarneau, après la rupture du pacte germano-soviétique et l’attaque des troupes nazies contre l’URSS, en même temps qu’Alain Le Lay “qui mourra à Auschwitz” ».

ET la date de novembre 1941, citée par Alain Guivarc’h sur Mémorial GenWeb.