JPEG - 69.5 ko
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Gaston, Paul, Auguste, Roux naît le 24 mai 1906 à Dourdan (Essonne – 91), fils d’Auguste Roux, 27 ans, cocher (puis restaurateur ?), et de Jeanne Pieau, 19 ans, son épouse, domiciliés rue Neuve.

À une date restant à préciser, il se marie avec Marthe Doyen. Mais le couple divorce.

Le 18 août 1934, à Paris 12e, Gaston Roux épouse Paulette Cambron, née le 11 novembre 1912 à Paris 13e, dactylographe.

Lors du recensement de 1936, le couple est domicilié au 89 rue Mirabeau à Ivry-sur-Seine [1] (Val-de-Marne – 94).

Pendant la guerre d’Espagne, Gaston Roux s’engage dans les Brigades internationales pour défendre la République espagnole contre la rébellion du général Franco soutenue militairement par Hitler et Mussolini.

JPEG - 86.1 ko
Insigne de l’Association 
des volontaires pour 
l’Espagne républicaine, ayant 
appartenu à Christophe Le Meur. 
Produit entre la mi-1938 et la mi-1939. 
Coll. André Le Breton.

Au moment de son arrestation, il est mécanicien à la Société industrielle de TSF, au 168, route de Montrouge à Malakoff (Hauts-de-Seine) ; « travailleur requis en France » (?).

Le 6 novembre 1941, à 6 heures du matin, Gaston Roux est arrêté à son domicile par des inspecteurs de la brigade spéciale n°1 des Renseignements généraux (anticommuniste), après avoir été dénoncé par son employeur comme militant actif et principal agitateur au sein de l’atelier de fabrication. Le jour-même, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif.

Le 10 novembre, Gaston Roux fait partie d’un groupe de 58 militants communistes transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne – 86).

JPEG - 91.7 ko
Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé”, 
vu du haut d’un mirador. Date inconnue. 
Au fond – de l’autre côté de la voie ferrée -, le village. 
Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne), 
Fonds Amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant. Droits réservés.

Le 22 mai 1942 – avec 148 autres internés de la Seine, qui seront pour la plupart déportés avec lui – il est remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduit au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée (suivant un ordre de Hitler) en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée d’occupation.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

JPEG - 145.8 ko
Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Gaston Roux est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46083 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée [2]). Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied à Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau -, Gaston Roux est dans la moitié des membres du convoi qui est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Pendant un temps, il est affecté au Block n° 4.

Il meurt à Auschwitz le 8 août 1942, selon l’acte de décès établi par l’administration SS du camp ; un mois après l’arrivée du convoi.

(Aucun des quatorze “45000” ivryens n’est revenu)

Le 10 novembre 1954, sa veuve remplit un formulaire de demande du titre de déporté politique pour son mari, au titre de conjoint. Le 28 mai 1956, le ministre des Anciens combattants et victimes de guerre décide de lui accorder ce statut et Paulette Roux reçoit la carte de déporté politique n° 1101.20929.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 27-01-1999).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 354, 388 et 419. 
- Archives municipales d’Ivry-sur-Seine, dossier individuel rassemblé par Michèle Rault, conservatrice, à partir de différentes sources. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA 2374 (camps d’internement…). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; liste XLI-42, n° 162. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1031 (18903/1942). 
- Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen, dossier de Gaston ROUX, cote 21 P 533 742, recherches de Ginette Petiot (message 01-2014).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 18-01-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Ivry-sur-Seine : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Sa photographie d’immatriculation à Auschwitz a été reconnue par des rescapés lors de la séance d’identification organisée à l’Amicale d’Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletin “Après Auschwitz”, n°21 de mai-juin 1948).